Les postes de radio avec une caisse en bois demandent un peu d’entretien régulier pour qu’ils conservent leur aspect. Il existe beaucoup de produits et il est vrai que certains conviennent mieux que d’autres.
J’avais déjà abordé le sujet sur la chaîne YouTube il y a quelques années. J’en profite pour faire une mise à jour, parce que c’est une question récurrente des collectionneurs qui viennent visiter le musée.
Bien sûr, lorsqu’on possède quelques postes et qu’ils sont entreposés dans la maison, les produits d’entretien classiques conviendront parfaitement.
Nous allons voir l’entretien du matériel qui est entreposé dans un milieu qui n’est pas chauffé, voire tout juste tempéré. L’ennemi des caisses en bois, c’est l’humidité.
Pour une bonne conservation du matériel, l’important, c’est la variation des températures. Celle-ci doit être la plus douce possible. Une variation de température brutale risque de faire apparaître de l’humidité et c’est là que les problèmes vont arriver.
Afin de conserver dans les meilleures conditions possibles les collections du musée, voici comment nous procédons.
Cette méthode n’est peut-être pas la solution miracle, mais elle a fait ses preuves chez nous et, surtout, elle a été mise en place d’après les recommandations de professionnels. Depuis quelques années, nous appliquons à la lettre cette méthode et force est de constater que le matériel semble se conserver dans de bonnes conditions.
Concernant l’entretien du matériel, il y a deux cas de figure : l’entretien hebdomadaire, qui consiste à passer un chiffon doux pour retirer la poussière, et, une fois par an a l’automne, une application d’une couche de produit à base d’huile de lin et d’essence de térébenthine.
Cette solution est simple, efficace et bon marché. Il faut néanmoins respecter un dosage strict pour garantir l’efficacité et une bonne protection du bois.
Les vertus de ce mélange pour l’entretien du bois.
L’huile de lin est une huile naturelle extraite du lin et elle est connue depuis longtemps pour ses propriétés dans la protection du bois. Elle imprègne les fibres et protège efficacement de l’humidité tout en ravivant le brillant des surfaces traitées.
L’huile de lin convient à presque tous les types de bois sans risque.
L’essence de térébenthine est un solvant qui dilue l’huile de lin pour lui permettre de pénétrer plus facilement dans les fibres du bois. Elle n’est pas un durcisseur et le mélange peut donc se conserver dans un récipient fermé sans problème. Il faudra néanmoins mélanger la préparation avant chaque utilisation parce que ces deux composants, l’huile de lin et l’essence de térébenthine, ont tendance à se séparer lors d’un stockage prolongé.
Il faut quand même souligner que ce mélange diffuse une odeur forte ; on aime ou on n’aime pas, mais généralement, même si ce n’est pas désagréable, il faut quand même rester prudent lors de l’utilisation en milieu fermé ou dans un appartement. L’odeur a tendance à rester quelques semaines, voire plus, pour les nez sensibles.
Quel dosage pour le mélange ?
Le mélange, pour être efficace, s’applique en plusieurs couches.
Généralement, lors de la première application sur nos appareils, nous le faisons en 3 couches avec les proportions qui vont suivre, mais pour l’année suivante, une seule couche diluée à 70/30 est suffisante. Nous allons voir cela en détail.
Tout d’abord, il faut préparer les surfaces à traiter : soit par un nettoyage léger à base du mélange d’eau et d’alcool ménager dont nous avons déjà parlé et, selon l’état de la caisse, soit par un léger ponçage si besoin. L’important est de dégraisser la caisse et de retirer toutes les traces résiduelles.
Le dosage pour la première couche est de 50% d’huile de lin et 50% d’essence de Térébenthine.
L’application se fera de deux façons, au choix : soit avec un pinceau, soit avec un chiffon bien imbibé. Il faut, bien sûr, toujours passer dans le sens des fibres du bois. La meilleure solution reste, bien entendu, le pinceau, mais à chacun de faire comme il préfère.
Après 30 minutes, il faudra essuyer l’excédent de produit qui n’a pas pénétré le bois à l’aide d’un chiffon ou en l’étalant avec un pinceau. Laisser sécher la première couche au moins une demi-journée, voire une journée si possible. L’huile de lin est très longue à sécher.
Le dosage de la deuxième couche est de 70% d’huile de lin et 30 % d’essence de térébenthine.
L’application se fera de la même façon que pour la première couche, et le temps de séchage est identique.
Le dosage de la troisième couche est de 90% d’huile de lin et de 10% d’essence de térébenthine.
L’application reste identique aux deux couches précédentes, et le temps de séchage également.
Le traitement de votre caisse est désormais terminé.
L’entretien annuel
Il reste ce que j’appelle l’application d’entretien, qui consiste à passer une simple couche une fois par an avant l’hiver ou avant de ranger un appareil en réserve.
J’ai toujours une bouteille prête de mélange avec le dosage 70 % d’huile de lin et 30 % d’essence de térébenthine qui est prévue à l’entretien annuel. En principe, j’applique cette couche au chiffon et je laisse sécher une journée. Le lendemain, j’essuie la caisse avec un chiffon doux et elle est prête à rejoindre le stockage.
Lorsque le musée ferme pour la période hivernale, c’est aussi ce que je fais sur chaque poste exposé et qui reste au musée. Cela permet de faire un dépoussiérage en profondeur et une visite de chaque appareil. La couche d’huile de lin protège le matériel de l’hiver, car nos locaux ne sont malheureusement plus chauffés depuis l’explosion du tarif de l’électricité. Le taux d’humidité est quand même contrôlé par un système de circulation d’air et d’aspiration de l’air extérieur qui passe par des filtres. Ce système a néanmoins ses limites même si jusqu’à présent cela s’est révélé particulièrement efficace.
Voilà vous savez tout, enfin la méthode que nous avons essayé et validé pour la préservation des collections dont nous avons la charge.
Le code Q est largement utilisé aujourd’hui dans les radiocommunications. L’utilisation de ce code est devenue tellement banale que son origine est floue. Certains pensent que le code Q a pour origine le langage utilisé par les cibistes américains dans les années 1980. D’autres imaginent qu’il ne sert qu’à se donner un genre lors de l’utilisation d’émetteurs radio.
Malheureusement, en faisant une rapide recherche sur Internet pour connaître la signification d’un terme, on trouve, comme d’habitude, tout et son contraire.
Pourtant, l’histoire de ce code est intéressante et, pour ceux qui comme moi sont passionnés par la télégraphie morse, le code Q est important et nécessaire. Son histoire est liée à la radiotélégraphie ; c’est donc un code qui a des origines anciennes.
J’avais envie d’en savoir plus et de remonter à la source de ce code pour comprendre certains points qui me questionnent depuis que je pratique la télégraphie morse.
Pourquoi le code « Q » et pas A, B ou C ?
Pourquoi est-il différent selon les utilisateurs ?
Quelle est la signification exacte de ce code ?
La suite promet d’être instructive.
Son origine
Le code Q trouve son origine entre 1906 et 1909 au Royaume-Uni afin d’uniformiser les communications télégraphiques maritimes. Ce moyen de communication redoutablement efficace séduit d’autres pays, qui l’adoptent aussi. Il sera adopté officiellement par tous en 1912, lors de la Conférence internationale radiotélégraphique de Londres.
Ce code a permis de répondre à trois objectifs importants des communications télégraphiques :
la rapidité de transmission et la diminution drastique du risque d’erreur ou de mauvaise compréhension ;
l’universalité du langage, éliminant la barrière linguistique ;
la simplification des messages, avec des messages précis et simples.
Si, à l’origine, le code Q est créé pour les besoins des transmissions télégraphiques, l’évolution progressive l’étend à la radiotéléphonie et prévoit, dès les années 1950, la disparition de la télégraphie Morse dans les radiocommunications.
La formation du code à 3 lettres
L’utilisation de la lettre Q n’est pas due au hasard. Afin d’éviter toute confusion, la lettre Q a été retenue car elle était peu utilisée comme préfixe des indicatifs d’appel de l’époque.
Les deux lettres suivantes ont été choisies de manière logique et mnémotechnique en anglais pour se souvenir facilement de leur signification.
Exemples :QTH => QuestionToHome.
Le Règlement des radiocommunications précise une règle syntaxique stricte, héritée de la télégraphie Morse (CW) :
Forme interrogative : le même code de trois lettres suivi d’un point d’interrogation (?) signifie que l’on pose la question.
Forme affirmative ou indicative : le code utilisé sans point d’interrogation constitue une réponse ou une affirmation.
Les utilisateurs
Le développement de certains domaines explose entre les deux guerres mondiales.
L’Union Internationale des Télécommunications (UIT), en lien avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), organise l’évolution entre les services en 3 groupes.
Le groupe QAA à QNZ est attribué aux services aéronautiques.
Le groupe QOA à QQZ est attribué aux services maritimes.
Le groupe QRA à QUZ est attribué aux usages communs et aux radioamateurs.
*** Le sous-groupe QVA à QZZ est une réserve pour diverses utilisations temporaires et les évolutions futures.
La liste officielle du code « Q ».
PRB
Désirez-vous communiquer avec ma station à l’aide du Code international de signaux?
Je désire communiquer avec votre station à l’aide du Code international de signaux.
QAB
Quelle est votre destination?
Ma destination est…
QDM
Quel est mon relèvement magnétique ?
QDR
Sous quel relèvement magnétique suis-je ? (QDM+/-180°)
QFE
Quelle est la pression atmosphérique à l’altitude de l’aérodrome (ou au seuil de la piste) (en hPa) ?
QFF
Quelle est la pression atmosphérique réduite au niveau moyen de la mer (en hPa) ?
QFU
Quelle est la direction magnétique de la piste en service ?
QNH
Quelle est la pression atmosphérique réduite au niveau de la mer selon les conditions de l’atmosphère standard (en hPa) ?
La pression atmosphérique est ___ hPa.
QOA
Pouvez-vous communiquer en radiotélégraphie Morse sur la fréquence 500 kHz ?
Communiquer en radiotélégraphie Morse sur la fréquence 500 kHz.
QOB
Pouvez-vous communiquer en radiotéléphonie sur la fréquence 2 182 kHz ?
Communiquer en radiotéléphonie sur la fréquence 2 182 kHz
QOC
Pouvez-vous communiquer en radiotéléphonie sur la fréquence 156,8 MHz ?
Communiquer en radiotéléphonie sur la fréquence 156,8 MHz
QOD
Pouvez-vous communiquer avec moi en… ?
QRA
Quel est le nom de votre station ?
Le nom de ma station est ___.
QRB
À quelle distance approximative vous trouvez-vous de ma station ?
La distance approximative entre nos stations est de ___ milles nautiques (ou kilomètres).
QRG
Voulez-vous m’indiquer ma fréquence exacte (ou la fréquence exacte de…) ?
Votre fréquence exacte (ou la fréquence exacte de…) est ___ kHz (ou MHz).
QRH
Ma fréquence varie-t-elle ?
Votre fréquence varie.
QRI
Quelle est la tonalité de mon émission ?
La tonalité de votre émission est : 1 : bonne ; 2 : variable ; 3 : mauvaise.
QRK
Quelle est l’intelligibilité de mes signaux (ou des signaux de…) ?
L’intelligibilité de vos signaux (ou des signaux de…) est : 1 : mauvaise ; 2 : médiocre ; 3 : assez bonne ; 4 : bonne ; 5 : excellente.
QRL
Êtes-vous occupé ?
Je suis occupé (ou et suis occupé avec…). Prière de ne pas brouiller.
QRM
Êtes-vous brouillé ?
1 : Je ne suis nullement brouillé ; 2 : faiblement ; 3 : modérément ; 4 : fortement ; 5 : très fortement.
QRN
Êtes-vous troublé par des parasites ?
1 : je ne suis nullement troublé ; 2 : faiblement ; 3 : modérément ; 4 : fortement ; 5 : très fortement.
QRO
Dois-je augmenter la puissance d’émission ?
Augmentez la puissance d’émission.
QRP
Dois-je diminuer la puissance d’émission ?
Diminuez la puissance d’émission.
QRQ
Dois-je transmettre plus vite ?
Transmettez plus vite (… mots/min).
QRS
Dois-je transmettre plus lentement ?
Transmettez plus lentement (… mots/min).
QRT
Dois-je cesser la transmission ?
Cessez la transmission.
QRU
Avez-vous quelque chose pour moi ?
Je n’ai rien pour vous.
QRV
Êtes-vous prêt ?
Je suis prêt.
QRX
À quel moment me rappellerez-vous ?
Je vous rappellerai à ___ heures (sur… kHz) (ou… MHz).
QRZ
Par qui suis-je appelé ?
Vous êtes appelé par ___ (sur… kHz) (ou… MHz).
QSA
Quelle est la force de mes signaux (ou des signaux de…) ?
La force de vos signaux (ou des signaux de…) est : 1 : à peine perceptible ; 2 : faible ; 3 : assez bien ; 4 : bonne ; 5 : très bien.
QSB
La force de mes signaux varie-t-elle ?
La force de vos signaux varie.
QSD
Ma manipulation est-elle défectueuse ?
Votre manipulation est défectueuse.
QSJ
Quel est le prix de… ?
Le prix de… est de ___.
QSK
Pouvez-vous m’entendre entre vos signaux ? Dans l’affirmative, puis-je vous interrompre dans votre transmission ?
Je peux vous entendre entre mes signaux. Vous pouvez interrompre ma transmission.
QSL
Pouvez-vous me donner accusé de réception ?
Je vous donne accusé de réception.
QSO
Pouvez-vous communiquer avec… directement (ou par relais) ?
Je puis communiquer avec… directement (ou par l’intermédiaire de…).
QSP
Voulez-vous retransmettre à… gratuitement ?
Je peux retransmettre à… gratuitement.
QSQ
Avez-vous un docteur à bord ?
J’ai un docteur à bord.
QSU
Dois-je transmettre ou répondre sur la fréquence actuelle ?
Transmettez ou répondez sur la fréquence actuelle (ou sur… kHz) (ou sur… MHz) (en émission de la classe…).
QSV
Dois-je transmettre une série de V sur cette fréquence (ou sur… kHz) (ou… MHz) ?
Transmettez une série de V sur cette fréquence (ou sur… kHz) (ou… MHz).
QSY
Dois-je passer à la transmission sur une autre fréquence ?
Passez à la transmission sur une autre fréquence (ou sur… kHz) (ou sur… MHz).
QTC
Combien de messages avez-vous à me transmettre (ou à transmettre à…) ?
J’ai ___ message(s) à vous transmettre (ou à transmettre à…).
QTE
Relèvement vrai
QTH
Quelle est votre position en latitude et en longitude (ou d’après toute autre indication) ?
Ma position est ___ latitude ___ longitude (ou d’après toute autre indication).
QTR
Quelle est l’heure exacte ?
L’heure exacte est ___.
Le code Q pour les radioamateurs
La recommandation IARU T/R 61-02 de Chester en 1990 retient pour l’examen radioamateur le code Q suivant:
En conclusion
Créé il y a plus de cent ans, le code Q associé au code Morse, a permis une utilisation efficace de la radiotélégraphie. Si la paternité du code Morse est attribuée à une personne physique, le code « Q » est une standardisation administrative d’origine britannique afin de simplifier les échanges télégraphiques internationaux.
C’est donc bien un code officiel qui s’intègre pleinement dans les procédures opérationnelles des radiocommunications internationales. 115 ans après sa création, il est utilisé par tous les opérateurs radio, qu’ils soient marins, pilotes d’avion, militaires ou radioamateurs. L’énorme avantage, c’est que ces groupes de seulement 3 lettres ont la même définition pour tous, quel que soit le pays ou l’utilisateur. Ces 3 caractères sont la compression d’une phrase complète, ce qui permet un gain de temps incroyable dans la transmission des messages. Il a beaucoup évolué et grandi, mais il est toujours indispensable dans nos communications modernes.
Le code Q et le code Morse permettent à tous de communiquer sans avoir à connaître les langues étrangères. Pour une invention qui a plus de cent ans, c’est mieux que Google Traduction !
Sources
ACP 131 (Allied Communication Publication no 131) Document pdf : ACP 131 .pdf
Recommandation UIT-R M.1172* (Abreviations et signaux divers à employer dans les radiocommunications du service mobile maritime)
Recommandation UIT-R M.492-6* (Procédures d’exploitation des équipements télégraphiques à impression directe dans le service mobile maritime)
Remerciement spécial
Voici l’occasion pour moi de remercier Sylvain Affinito qui m’a aidé pour les recherches sur ce sujet.
Sylvain est une personne que j’estime beaucoup et qui m’a beaucoup appris à mes débuts de radioamateur. Il a toujours été de bon conseil et disponible pour partager ses connaissances.
Merci pour cette amitié sans faille dont tu me témoignes depuis toutes ces années et merci pour ton aide pour les recherches.
L’antenne Halo est en réalité un simple dipôle demi-onde sur lequel les brins sont repliés afin d’obtenir un lobe de rayonnement quasi omnidirectionnel. En principe, c’est une antenne mobile, mais, en fixe, elle rend de bons services. Je l’utilise comme antenne omni sur les stations secondaires en 2 m et 6 m pour surveiller le trafic ou écouter les balises.
La réalisation de l’antenne
Elle a l’avantage d’être très facile à fabriquer et à mettre au point. Il existe plusieurs méthodes pour réaliser le dipôle, mais je vais décrire la version traditionnelle qui fonctionne et dont les caractéristiques sont parfaitement connues. Ce qui suit s’inspire du livre « Les antennes » de Brault et Piat, 13e édition de 1995. Le gamma match est une étude personnelle inspirée de l’ARRL Antenna Book de 2003 et mise au point pour la réalisation de l’antenne Delta Loop 144 MHz, publiée dans Mégahertz Magazine du mois d’octobre 2005.
L’antenne Halo n’a pas de gain, mais sa simplicité et ses performances sont suffisantes pour une antenne secondaire.
L’ajout d’un préampli de réception améliore grandement les performances et, pour obtenir plus de gain (3 dB), un couplage de deux antennes est également simple à réaliser.
Le dipôle est une version à la masse avec une attaque par un gamma match. Cette version est retenue pour sa simplicité et sa fiabilité dans le temps.
La longueur du dipôle en cuivre ou en laiton est de 985 mm. En aluminium, la longueur du dipôle est de 105 mm. L’espace entre les deux extrémités du dipôle est de 15 à 20 mm. Le dipôle est à la masse. La forme de l’antenne est ronde ; une forme carrée fonctionne également, mais modifie un peu le lobe de rayonnement. La forme ronde reste la meilleure solution, mais à chacun de faire ses propres choix.
Le gamma match
L’attaque de l’antenne se fait par un gamma match ; voici la méthode de calcul. La longueur du corps du gamma est de 1/8éme d’onde. Sur 2 m, cela donne une longueur de 24 cm pour un tube en aluminium. Sur 50 MHz, cela donne 36 cm pour un tube en aluminium. (Voir le détail de la réalisation du gamma match dans la description de la Delta Loop.) Le diélectrique du gamma est réalisé avec un morceau de coaxial de 11 mm dépourvu de la tresse et de l’isolant extérieur. La capacité est d’environ 33 pF.
L’écartement du corps du gamma et du brin rayonnant est de 5 cm pour 100 W. L’accord se fait en déplaçant le court-circuit entre le gamma et le brin rayonnant.
La polarisation
Même si cela semble logique, il faut quand même en parler. La polarisation de l’antenne est horizontale lorsque l’antenne est sur le plan de l’horizon. Elle devient verticale lorsque l’antenne est sur le même plan que le clocher de l’église. C’est simple et bête, mais la polarisation n’empêche pas d’être omnidirectionnel.
Et le gamma match, c’est dessus ou dessous ? Ça ne change rien, faites comme bon vous semble.
En conclusion
L’antenne Halo fonctionne très bien ; elle est discrète et simple à réaliser. Bien sûr, comparée à la Big Wheel, elle est moins performante, mais beaucoup moins encombrante aussi. La réalisation de la Big Wheel est également bien plus compliquée.
À mon avis, une antenne à polarisation horizontale et omnidirectionnelle, facile à fabriquer et peu encombrante, c’est déjà pas mal comme argument pour l’essayer. Comme je le disais au début, pour améliorer ses performances, un couplage de deux antennes permet un gain de 3 dB supplémentaire, ce qui n’est pas si mal. L’ajout d’un préampli de réception finira d’améliorer le dispositif.
C’est une solution économique, mais performante et accessible à tous, que l’on soit débutant ou expérimenté, pour la réalisation d’antennes.
Le vibro, quel drôle d’engin ! Même sa sonorité est tellement spéciale que de plus en plus d’opérateurs télégraphiques n’arrivent pas à décoder les signaux qu’il génère.
Le principe a été inventé par un Américain en 1905 (Horace Martin). Ces modèles étaient commercialisés sous la licence Vibroplex. Cet objet a été construit pour augmenter la vitesse de transmission des messages télégraphiques.
Dans ce sujet, c’est de Vibro-Mors qu’on va parler. Vibro-Mors, c’est une marque française créée après la Seconde Guerre mondiale. Cette marque proposait des manipulateurs semi-automatiques mécaniques par vibration.
Il y avait deux versions : une avec le socle noir et une autre avec le socle chromé.
L’ennui de cette dernière, c’est que le revêtement chromé vieillit très mal.
Refaire une pièce chromée coûte très cher, entre 250 et 400 € d’après les devis que j’ai fait faire. Il m’est alors venu une idée qui devrait donner une illusion de brillance : le polissage.
L’ennui, c’est qu’il faut tout retirer de la pièce. Le manipulateur doit être mis en pièces.
Le démontage est soigné en prenant un maximum de photos et de notes pour le remontage.
Les objectifs
Utiliser le manipulateur, le conserver le plus possible d’origine, lui redonner un semblant d’esthétique acceptable.
Normalement, nous ne devons pas apporter de modifications aux pièces qui constituent nos collections. Il est important de les conserver dans leur état d’origine pour qu’elles restent représentatives de ce qu’elles étaient. Dans ce cas, l’idée a été discutée et nous avons décidé de prendre le risque de tenter une restauration. Les vibromors sont des manipulateurs courants et, si par malheur celui-ci ne correspond plus aux conditions de conservation, il y aura toujours possibilité d’en trouver un autre similaire. De plus, il semble que nous en avons plusieurs en réserve. Donc, plutôt que de le laisser dans un état déplorable, autant essayer quelque chose. J’étais quand même à peu près sûr de parvenir à un résultat acceptable et, avant de commencer, j’ai procédé à un test pour montrer le résultat et expliquer les travaux.
Le polissage ne donne pas le même effet qu’un joli chrome, mais, par rapport à l’état actuel, cela nous a semblé mieux.
Une fois les travaux validés, c’est parti pour une grosse journée de travail à l’atelier.
Le démontage est simple et rapide ; c’est le nettoyage qui va prendre beaucoup de temps.
Le ponçage
C’est une partie délicate, parce qu’il est important de ne pas marquer le métal. Chaque imperfection sera visible sur le résultat final.
Tout d’abord, nettoyage avec du papier à gros grain (80). Il faut être régulier et toujours aller dans le même sens. La rouille doit partir et le ponçage doit être régulier sur toute la surface.
Un bon nettoyage au papier sec en premier, puis avec de l’alcool ensuite, pour retirer les traces de ponçage.
Deuxième passe avec un grain plus fin à 400. Toujours bien régulier avec une cale et dans le même sens. À la fin, un nouveau nettoyage à l’alcool sera nécessaire.
Troisième passe, avec un grain toujours plus fin à 800. Même opération que précédemment.
Quatrième passe, avec un grain à 1200. Cinquième passe, avec cette fois un papier abrasif avec un grain à 2400 et, si possible, une sixième passe avec un papier abrasif avec un grain à 3200.
Un nettoyage à l’alcool est nécessaire à chaque étape.
Enfin, l’utilisation d’un tampon de polissage monté sur une ponceuse et de la pâte à polir permet d’obtenir le brillant. Plusieurs passages avec de la pâte à polir peuvent être nécessaires.
Voilà, ça brille. Pas autant qu’un chrome, mais ça brille.
Tout en évitant de mettre ses doigts sur la pièce, il faut remonter les éléments du manipulateur.
Voici le résultat:
Avant
Après
Même si ce n’est pas parfait, c’est quand même mieux qu’avant.
Notre musée associatif met un point d’honneur à aider les étudiants et leur apporter nos connaissances sur le monde de la radio ou sur l’histoire de cette technologie.
Cette fois, c’est une demande un peu différente qui nous a été faite.
Bien que le musée soit en période de fermeture pour les visites au public, nous restons ouverts et disponibles pour les activités annexes. Généralement, nous profitons de cette période pour nous occuper des collections et changer le matériel exposé. Cette année, nous allons faire une activité totalement différente, mais tellement amusante et intéressante.
Nous avons été contactés par email par un groupe d’étudiants de l’ÉSEC, l’école des métiers du cinéma et de l’audiovisuel pour réaliser un exercice pédagogique sur la radio.
Le projet est de faire une interview dans le musée pour utiliser le matériel comme décor.
Nous avions déjà été sollicités pour la télévision, la radio, des YouTubeurs, et même une série Netflix, mais l’idée d’aider des étudiants des métiers du cinéma était un nouveau défi intéressant.
Le projet a évolué suite au désistement de la personne qui devait être interviewée, mais peu importe le sujet reste la radio.
Après adaptation, le sujet évolue vers une présentation de 3 périodes importantes dans l’histoire de la radio. Le début de la radio 1920/1930, la période de la Seconde Guerre mondiale 1939/1945 et enfin les années 1970/1980.
Le jour du tournage, une équipe d’une dizaine de personnes a fait le déplacement depuis Lyon jusqu’en Haute-Loire. Ils sont arrivés à 8 h du matin près à se mettre au travail et très motivés. L’équipe du musée était prête également de bonne heure, même si nous avions déjà passé une semaine pour préparer le décor.
La mise en place des éclairages et des caméras à pris beaucoup de temps, mais finalement les effets obtenus sont vraiment bien.
On sent très vite le professionnalisme et la bonne entente de cette jeune équipe.
Le tournage s’est bien passé, il était éprouvant, mais très intéressant. L’équipe de tournage était vraiment sympathique et elle semblait contente du travail accompli.
Une journée qui a été instructive aussi bien pour les étudiants que pour l’équipe du musée.
Pour l’équipe du musée, raconter l’histoire de la radio, c’est très plaisant, mais côtoyer des étudiants dynamiques, passionnés par leurs études et qui s’intéressent à l’histoire de la radio est également une belle satisfaction.
Voici une suite du sujet sur l’histoire de la station télégraphique de la tour Eiffel et les travaux du Général Ferrié.
Une suite et pas la suite, parce qu’il y a tellement de choses à dire sur une période de 20 à 30 ans après la Première Guerre mondiale qu’il faudra traiter les sujets en plusieurs fois. Les recherches et bien sur les découvertes s’enchaînent à un rythme effréné pour continuer à faire progresser la technologie de la radio et des communications. Si au début du vingtième siècle communiquer sans fil paraissait pour le commun des mortels improbable, voici que 30 ans plus tard, on lui dit que les ondes radio rebondissent sur les différentes couches de l’atmosphère. Si aujourd’hui ce phénomène est bien connu, et même utilisé, la découverte de cet effet n’a pas été simple à démontrer.
Pour rappel, dans les années 1920, les premiers émetteurs à lampes font leur apparition et ils vont détrôner les émetteurs à arc trop gourmand en énergie. Il faut une puissance colossale pour alimenter ces émetteurs alors que les émetteurs à lampes utilisent moins d’énergie, même si cela reste important. L’optimisation des installations aidée par les dernières découvertes scientifiques vont permettre de mieux comprendre les ondes radioélectriques et de mieux les maîtriser.
Le Général Ferrié
S’il fallait encore présenter le Général Ferrié, il s’agissait d’un militaire qui a développé la radiotélégraphie pour les besoins en communications de l’armée française. Ferrié est diplômé de l’École Polytechnique. Il a dirigé l’école de télégraphie militaire et l’école d’application de l’artillerie et du génie. C’est à lui que nous devons la station télégraphique de la tour Eiffel et bien d’autres choses encore. Dans le domaine des radiocommunications, il a fait de nombreuses études et découvertes. Il a participé à de nombreux échanges avec des physiciens qui étudiaient les ondes radio. C’est d’ailleurs lors d’une conférence qui s’est tenue fin de l’année 1930 pour des ingénieurs civils qu’il a dévoilé la situation et l’évolution de la radio.
Maquette de la station de la tour Eiffel
Ionisation de l’atmosphère
Il a commencé par faire le point de tous les éléments terrestres, atmosphériques et cosmiques qui peuvent influer sur la propagation des ondes radio. Selon lui, la basse atmosphère, dans la limite de 25 kilomètres, est soumise à d’importants échanges thermiques, la terre rayonne jusqu’à une calorie par mètre carré et par minute, déperdition compensée par une chaleur qui provient des émanations du radium et du thorium des couches terrestres superficielles. Ce sont ces émanations qui ionisent l’air par agglomérations des particules de poussière ionisées. Dans les hautes couches de l’atmosphère, le rayonnement solaire arrive très riche en rayons ultraviolets qui sont absorbés par la couche d’ozone dont la présence a été révélée par l’étude des spectres lumineux et a été confirmée par les expériences de M. Maurain en 1929. Le Général Ferrié précise que les connaissances de l’atmosphère en 1930 sont encore incomplètes puisqu’il reste des phénomènes inexpliqués.
Anomalie de la propagation des ondes hertziennes
Selon Ferrié, les ondes se propagent de deux façons. Je vous livre ses propos tel quel sans modification ni complément issus des connaissances modernes.
Premièrement, la propagation se fait par glissement à la surface du sol, mais avec une portée limitée à quelques kilomètres. Deuxièmement, dans la haute atmosphère, par réflexion sur la zone ionisée de la partie supérieure. Cette couche, étant conductrice, fait obstacle au passage des ondes qui fait réflexion du rayonnements en direction du sol. Laquelle les réfléchit à nouveau vers le ciel, faisant ainsi le tour de la terre par rebond successifs.
Il précise aussi que la hauteur de la couche réfléchissante semble varier avec la longueur d’onde et les ondes ionisées ont une fréquence de résonance qui leur est propre ce qui complique le phénomène.
Evolution des communications sur ondes courtes
Il est un mythe souvent repris par les radioamateurs qui se targuent d’être à l’origine de la découverte des ondes courtes. Ce n’est pas tout à fait vrai, il faut nuancer cela.
L’état qui dominait le monde des utilisateurs de fréquences, connaissait déjà ce que permettaient les ondes courtes, et même les VHF à la fin des années 1920 1930. L’utilisation de ces bandes ne les intéressait pas à cette époque, c’est d’ailleurs pour cela qu’elles ont été laissées à l’utilisation des radioamateurs.
Le général Ferrié avait un lien particulier avec tous les secteurs des communications et les radioamateurs aussi. Il gardait un œil sur ce qu’ils faisaient et il n’hésitait d’ailleurs pas à les conseiller au travers de publications dans les revues spécialisées ou de conférences. Pour le Général, cela lui permettait d’être informé sur ce que d’autres expérimentent afin de voir si des applications étaient utiles pour les besoins en communications de l’armée. Ne voyez pas cela comme une surveillance malsaine ou de l’espionnage, mais plutôt comme un échange des savoirs et des connaissances avec les radioamateurs, parce que c’est bien ainsi que cela se faisait à l’époque. C’est ce que démontrent les nombreuses correspondances écrites qu’a eues le Général avec notamment le réseau des émetteurs Français, association nationale des radioamateurs. Pour revenir à la conférence de Ferrié de la fin 1930, voici un condensé de ses propos sur les ondes courtes et au-delà.
Depuis l’invention de la lampe à 3 électrodes (la triode) il est plus facile de revenir sur les ondes courtes avec une puissance réduite. Celles-ci subissent des irrégularités de transmission provenant de la non-concordance de leurs ondes avec la résonance de la zone ionisée de réflexion ou par suite de la rencontre avec des nuages ionisés. L’emploi de réflecteurs de “ces petites ondes” (les ondes courtes) effectué par Messieurs Mesny et Chirex, remédie à ces irrégularités, et l’on obtient ainsi des liaisons lointaines avec seulement quelques dizaines de kilowatts, pour des longueurs d’ondes comprises entre 30 et 20 mètres. Une limite cependant a été observée vers les 12 mètres qui marquait un arrêt total des transmissions. Des essais effectués sur des ondes de 3 mètres ont, toutefois, donné des résultats satisfaisants à distance faible, comme entre la France et la Corse. Mais elles se transmettent à la surface du sol d’un point à un autre et, comme la lumière, sont arrêtées par tous les obstacles terrestres. Par contre, elles sont totalement indifférentes aux perturbations atmosphériques, même aux violents orages.
Enfin, des essais en laboratoire ont porté sur des ondes dans l’infrarouge, ou les utilisations de type barrages non-visibles contre les infractions par exemple peuvent être très utiles. La puissance énorme des rayons “ultra pénétrants” constatés dans notre atmosphère laisse supposer que nous avons encore beaucoup à apprendre dans l’étude des courtes radiations.
Voilà où en étaient les connaissances à la fin des années 1930 sur les ondes radioélectriques. Le cycle solaire d’une décennie était également connu puisqu’il a été aussi mentionné dans les écrits du Général.
Je terminerais par une autre nuance, les radioamateurs de l’époque étaient pour une très grande majorité des gens très instruit et avec des connaissances poussées dans le domaine de la physique et de l’électricité. Rien à voir avec l’activité radioamateur moderne ouverte à tout un chacun qui s’intéresse à la radiocommunication. Bien sûr, nous bénéficions du savoir qu’ont découvert les générations de chercheurs et expérimentateurs qui nous précèdent, mais il est difficile de faire une comparaison entre nos deux époques.
Conclusion
Le Général Ferrié et ses contemporains qui ont œuvré dans le développement que nous leurs devons aujourd’hui sur les communications et au sens plus large, l’utilisation des radiofréquences, étaient de grands savants, mais ils faut quand même préciser une chose importante, ils savaient communiquer entre eux pour échanger des connaissances et ainsi permettre à la radio d’évoluer. La communication était ouverte à tous les milieux, scientifiques, techniques, professionnels et amateurs. C’est bien connu, l’union fait la force. De mon point de vue aussi modeste soit-il, en parcourant les nombreux documents qui me permettent de vous livrer ses textes, je note que les différents acteurs de cette époque étaient avant tout des gens simples qui, malgré leur statut social, leurs fonctions importantes et leurs responsabilités ne se prenaient pas pour des êtres supérieurs et partageaient volontiers leurs connaissances. Et je pense qu’avant tout, c’est pour cela qu’ils ont fait de grandes choses et de grandes découvertes. Finalement ne serait-ce pas cela la compétence?
Sources
RAD n°1 première année (1931) édition Dunod L.D. Foucault
Livre “Le siècle de la radio” J-C Montagné.
Livre “La télégraphie sans fil” par A. Berget
Livre “La télégraphie sans fil et les progrès dans la TSF” par Lucien Fournier
Récepteur de la collection Clerfeuille n° d’inventaire CC-11-2025
Introduction
À l’origine, il n’était pas prévu de faire un compte-rendu public de cette restauration, mais comme il ne reste que très peu de traces des appareils de cette marque, j’ai eu l’idée de laisser quelques informations sur Internet. C’est également pour cela que la grande partie de cette vidéo sera faite sur des photos. Je vous en parlerais plus en détail plus loin.
Profitant de la période hivernale ou le musée est fermé au public, j’ai entrepris de restaurer cet appareil que je trouve magnifique. Il est vrai qu’aujourd’hui les postes de cette marque sont très rares, mais il en reste quelques modèles chez les collectionneurs qui, par chance, les conservent précieusement.
L’histoire de ce modèle en particulier est spéciale, voilà pourquoi il me tenait à cœur de le restaurer, mais vous allez découvrir que ce n’est pas à moi que revient le mérite de ce travail. Je me suis contenté d’être la main qui a réalisé le remontage qui n’aurait pas été possible sans l’immense travail de recherche qui a pris presque 20 ans pour rassembler les informations nécessaires pour lui redonner vie.
Le dossier de ce poste comprend 103 pages, c’est très important pour la suite.
Je souligne que si effectivement ce modèle est très joli extérieurement, il reste un modèle de moyenne gamme très peu élaboré dans son montage et pas du tout soigné comparé à d’autres marques de l’époque qui fabriquaient des appareils avec un câblage soigné. Ici, il n’en est rien, c’est du montage volant presque amateur, avec des composants achetés à d’autres marques pour certains et d’autres fabriqués sur mesure. Il n’empêche qu’il a existé et que sa restauration a donc été faite en respectant ce type de montage et autant que faire se peut en respectant la position des composants et bien entendu le schéma.
L’idée étant, comme toujours pour le musée de la radio, de présenter des appareils authentiques qui n’ont pas été modifiés ou améliorés.
Intérieur du poste modèle N°35
Comme je vous le disais précédemment, le but de cette vidéo n’est pas de vous montrer pas à pas la restauration de cet appareil, cela n’a pas beaucoup d’intérêt. Je vous montre quelques curiosités quand même, mais l’objectif est de laisser des traces et surtout le schéma de ce modèle. Comme je vous l’ai dis, cette marque est aujourd’hui rare sur Internet, c’est donc juste pour partager les informations essentielles que j’ai à disposition. Je ne peux pas non plus vous dévoiler le dossier complet, parce qu’il y a beaucoup de correspondances et par respect pour les personnes et leurs familles, il n’est pas question de les rendre publics même s’il n’y a rien de personnel dans ces échanges. En revanche partager les quelques informations techniques, ce sera peut-être utile pour d’autres collectionneurs.
Voici l’histoire de ce récepteur.
Ce récepteur est un modèle qui a été acheté en 1984 pour le prix de 900F.
Lorsqu’il reçoit cet appareil, il savait qu’il avait été modifié non pas par le propriétaire précédent, mais probablement entre 1930 et 1940. Le vendeur et l’acheteur avaient d’ailleurs échangé par courrier à ce sujet.
Ces recherches pour cet appareil ont duré de 1984 jusqu’à au moins 2002. Ces dates sont connues par des courriers échangés pour des renseignements et qui sont dans le dossier.
L’objectif en 1984 était donc de le remettre dans son état d’origine, sauf qu’à cette époque, il n’y avait à peine plus de documents qu’aujourd’hui, mais des collectionneurs qui échangeaient avec beaucoup de courtoisie sur leur passion.
Je ne souhaite pas dévoiler la fin maintenant, mais il est important de savoir que 90 % du travail a été fait par M. Clerfeuille qui pendant une vingtaine d’années a recherché les informations, rassemblé les composants et procédé à de nombreux essais. Malheureusement, il n’a pas eu le temps de terminer cette restauration et c’est donc moi qui ai la charge de finir ce projet. Cela n’a pas été simple, parce qu’il a fallu parcourir tout le dossier pour comprendre les démarches de mon prédécesseur afin de respecter son travail et l’état d’origine du poste. C’est donc avec beaucoup de respect et des choix parfois difficiles que j’ai avancé pas à pas pour reconstituer ce magnifique objet.
Par chance, extraordinaire, il a beaucoup documenté ses recherches et pour cause, cela s’est passé sur une vingtaine d’années, il aurait été compliqué de ne pas mettre par écrit ses réflexions. Mais elles ont néanmoins permis un remontage précis et respectueux du modèle.
La première chose importante qui a été faite en 1984, c’est un relevé minutieux du schéma avec des photos argentiques pour reconstituer ce qui a été modifié et ce qui reste d’origine. Malheureusement, comme on peut s’en douter, il ne restait pas grand-chose d’origine et la jolie caisse en bois a été percée pour ajouter des commandes. On ne peut pas en vouloir à celui qui a cherché à améliorer les performances de ce récepteur qui, je vous le rappelle, n’était pas d’une technologie très évoluée. D’ailleurs dans les correspondances, on retrouve un échange sur une deuxième version de ce modèle qui daterait de 1924 soit un an à peine après la sortie de celui-ci.
C’est justement sur le schéma du modèle de 1924 que celui-ci a été reconstruit, car les évolutions ont été minimes et c’est sur les commandes que celles-ci ont eu lieu. On le retrouve bien en comparant les photos du modèle d’un collectionneur qui a apporté une aide précieuse avec son propre modèle.
Comme il s’agit d’un modèle à réaction, la position des selfs fixes et mobiles n’ont pas été simples à retrouver. Comme vous pouvez le voir sur les plans réalisés à l’époque, il a fallu faire de nombreux calculs pour y parvenir.
Support de selfs du premier modèle
Les documents
Avant d’aller plus loin, voici les documents qui serviront pour la restauration.
Il s’agit de photos d’un poste du modèle similaire, mais de la deuxième version de 1924 ce qui a considérablement aidé pour le projet.
Encore une fois, ça fait peu d’informations, mais c’est tout ce qu’il y a de disponible pour avancer et sans les nombreuses notes et échanges présents dans le dossier, il serait resté à l’état de boite vide puisque c’est ainsi que le musée en a pris possession en 2024.
la publicité du modèle de 1923
Photos du RI n°35 dans le dossier
Voici notre modèle dans l’état où il a acheté en 1984.
Tout ce qui est encerclé de jaune est à supprimer.
J’estime la modification entre 1930 et 1940 d’après les composants utilisés.
Voici le schéma du modèle de 1923
Il est équipé de 4 lampes TM qui réalisent l’amplification, la détection, et deux lampes pour la partie basses fréquences.
Les trous dans la caisse ont été adroitement rebouchés, je n’aurais certainement pas fait mieux, même s’ils se voient encore un peu. Fallait-il refaire une façade et le dessus ? Ça se discute. Dans le cas de notre musée, nous avons établi un protocole afin de respecter l’histoire et la représentativité du matériel. Pour tout appareil qui date d’avant 1945 la restauration doit être limitée au strict minimum. Il faut intervenir avec parcimonie sur le matériel et dans le cas de ce modèle, refaire la façade complètement aurait peut-être été une solution acceptable si tout l’intérieur n’avait pas été modifié et donc à refaire. En tenant compte de cela, refaire l’intérieur plus la façade et le dessus, il reste trop peu de matière d’origine pour dire que le poste est d’époque. Cela aurait déclassé le poste en réplique et ce n’est pas notre but d’exposer des répliques. Donc il faut parfois prendre des décisions, pas toujours facilement d’ailleurs, mais c’est important.
Regardez le condensateur variable d’accord comment il a été fabriqué et répliqué sur la copie identique du modèle de référence. Il est constitué de deux plaques en laiton isolées par une feuille de mica. La vis centrale rapproche les plaques faisant ainsi varier la valeur capacitive.
Les composants
Les composants utilisés en 1923 sont à peu près toujours les mêmes. Il n’y en avait pas beaucoup. On retrouve des selfs, des condensateurs, des résistances et des transformateurs.
Ces derniers sont d’époque, mais pas d’origine malheureusement. Les selfs du système à réaction sont neuves, la self du sélecteur est d’origine par contre. Les condensateurs fixes sont d’origine est constitué de feuilles de cuivre coincé entre deux morceaux de plastiques noir. Le condensateur variable est une reconstitution et enfin, les résistances ne sont pas d’origine parce que complètement absente.
Ce sont ces dernières qui m’ont finalement posé le plus de problème. Impossible de savoir dans les documents à quoi elles ressemblaient. Donc j’ai tout simplement regardé sur les postes à batteries de 1923 le type de résistances utilisées et j’ai remis les mêmes dans ce poste. Mais quand je vois les condensateurs, je doute que les résistances aient été équivalentes à celles que j’ai monté. Je suppose qu’ils avaient enroulé du fil résistif sur un mandrin en plastique et calculé à peu près la valeur dont ils avaient besoin. Ça devait coûter bien moins cher de se fabriquer les résistances nécessaires. Surtout qu’il y en a seulement deux !
Encore une fois, cela illustre bien le type de montage presque amateur qui a été fait sur ces modèles. Alors qu’à la même époque sur des appareils de marques concurrentes, on retrouve de vrais condensateurs et de vraies résistances.
Informations sur la marque
Les informations sur la marque ont été trouvées sur DocTSF puisque c’est à ce jour la seule source d’information disponible.
C’était une petite entreprise parisienne qui n’a pas construit beaucoup d’appareils.
Son adresse de 1922 à 1934 était au 25 rue des Usines dans le quinzième arrondissement de Paris.
À partir des années 1930, environ l’entreprise décroche un contrat avec le ministère des armées et commence à réaliser des appareils militaires.
Elle aurait été absorbée par la société Thomson suite à des difficultés financières.
Pour plus de détails, je vous suggère d’aller sur DocTSF.
Conclusion
La restauration a duré un mois et demi. C’est de loin le projet le plus intéressant et instructif que j’ai réalisé, même si mon travail ne s’est limité qu’à la partie remontage.
Reprendre le projet d’une personne qui a œuvré pendant 20 ans pour l’aboutissement de celui-ci n’est une chose simple. Surtout quand cette personne n’est plus là pour donner son point de vue et ses conseils. C’est avec beaucoup de respect et d’humilité que j’ai, chaque jour, assemblé les composants de ce poste. Il fallait respecter le montage d’origine et le travail qui a été fait au risque de ne pas pouvoir inclure cet objet a l’inventaire de la collection. Je n’étais pas sûr d’y parvenir, mais pour réussir cette mission, je me suis contenté de respecter à la lettre les instructions laissées par son propriétaire précédent. C’est un très bel appareil et une place de choix lui sera réservée sur les étagères du musée.
Il faut souligner que c’est une chance d’avoir un exemplaire de cette marque et cela est possible grâce aux collectionneurs passionnés, acharnés même qui ont reconstitué la partie technique de A à Z avec les informations qu’ils avaient à leur disposition. Je me permets donc de conseiller à tous les collectionneurs privés de documenter leur collection autant que possible, surtout les modèles rares, parce que peut-être qu’un jour cela permettra de conserver le souvenir d’une marque ou d’un modèle. Pour un musée, la documentation d’une collection est vitale, parce que le but n’est pas d’entasser du matériel sur des étagères, mais de conserver l’histoire qui va avec.
Les matériaux utilisés dans la fabrication des postes de TSF ont beaucoup évolué sur 100 ans d’histoire. Voici quelques informations sur ceux utilisés par la marque Philips qui ont souvent des noms inconnus et spécifiques à cette marque.
La philite, l’ébonite, la Vanhérite, l’Arbolite, le Pégamoïd…
Au début du vingtième siècle, la matière la plus utilisée était le bois parce qu’il est facile à trouver et selon l’essence utilisée, il peut être noble ou bon marché.
Le plastique, comme on le connaît aujourd’hui, n’existait pas et coûtait cher à fabriquer.
Le mot plastique est un terme qui englobe tout type de matériaux obtenus par polymérisation de différents composés.
Il existe de nombreuses sortes de matières plastiques et vous vous doutez bien qu’ils ont évolué tant sur la fabrication que sur les composés utilisés.
Dans le domaine de la TSF, on rencontre souvent des matériaux étranges avec des noms tout aussi bizarres. La philite, l’ébonite, la Vanhérite, l’Arbolite, le Pégamoïd et certainement le plus connu, la Bakélite, mais il en existe d’autres.
En 1907, un chimiste belge du nom de Léo Backeland invente une matière plastique synthétique, la Bakélite. Le nom de cette matière est déposé et ne peut être utilisé sans payer des droits bien entendu. Pour éviter cela, Philips dépose le nom de Philite en 1923, pour le même matériau à l’exception de la formule qui diffère (en théorie) quelque peu. En théorie seulement parce qu’en réalité, c’est de la bakélite, mais avec un autre nom. Donc la Philite, c’est de la bakélite, mais utilisée pour la marque Philips.
Le pégamoïd est un tissu qui ressemble à du cuir et qui recouvre l’ébénisterie. Il donne un bel aspect pour l’époque, l’exemple du 2501 dit le “cercueil” vous donnera une illustration concrète de ce matériau.
L’Arbonite et la Vanhérite sont des plaques de cellulose et de résine de phénolique compressé et recouvert d’un film avec décor imitation bois. Un exemple parlant, c’est l’ébénisterie du 930 A qui est une ossature métallique recouverte de ce matériau avec un motif imitation bois. Il a un aspect de carton et il est particulièrement fragile, attention donc lors du nettoyage à ne pas utiliser de solvant trop agressif et un chiffon abrasif.
Philips 930 A
Je vous conseille une solution très simple et peu chère, dans une bouteille d’un litre vous mélangez un demi-litre d’eau et un demi-litre d’alcool ménager avec quelques gouttes de liquide vaisselle. Utilisez un chiffon très doux et n’insistez pas trop quand même parce qu’à force, vous risqueriez quand même de détériorer le film de surface.
Vous l’aurez compris, attention à certains matériaux qui sont fragiles et compliqués à manipuler. Chaque marque utilise ses matériaux, mais certaines derrière un nom étrange utilisent finalement la même chose que leurs concurrents. Les produits modernes ne sont pas toujours appropriés à ces matières anciennes. Il convient de procéder avec prudence et de se renseigner avant quand cela est possible.
Sources
-Les radio Philips de collection 1928/1948
-Philips catalogue illustré de 1928 aux années 50
-Le guide du collectionneur TSF – Radio – TV (Guy Biraud et Richard Foster)
Les communications télégraphiques de l’Etat Français
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Le centre radioélectrique de Paris
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La Seconde Guerre mondiale
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Aujourd’hui en 2025
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Conclusion
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Sources
Avant-propos
Dans les années 1920, il était courant d’écouter les stations télégraphiques militaires et tout type de transmission qui était pour la plupart des essais avant que la radiodiffusion ne vienne égayer le spectre radioélectrique. Bien sûr, au début, ses stations n’étaient vraiment pas nombreuses alors c’était un plaisir de les capter, voir même une belle performance pour ceux qui étaient loin de Paris.
Sainte Assise était une station puissante et écoutée par les “sans-filistes” passionnés. Comme cette station était, comme celle de la tour Eiffel, une station utilitaire d’origine militaire ou pour les besoins de l’Etat, elle ne transmettait que des messages télégraphiques. Mais alors pourquoi est-elle restée dans les listes des stations prisées par les “sans-filistes”?
Cette station n’a jamais diffusé de programmes pour le public. Elle n’a pas été construite pour cela et ne le fera jamais.
C’est grâce aux archives nationales et à la bibliothèque du musée que nous allons en apprendre un peu plus sur cette station , qui a son époque, a permis de démontrer le savoir-faire français et tout le génie dont les concepteurs ont fait preuve.
Les communications télégraphiques de l’Etat Français
La station télégraphique de la tour Eiffel, une fois opérationnelle, a très vite été saturée par les besoins de transmission de message ce qui rallonge considérablement le temps d’acheminement des messages. En 1920 une station télégraphique en périphérie de Paris est à l’étude. L’idée est d’avoir une grosse station puissante et capable de communiquer partout dans le monde. Ce projet sera confié à la compagnie générale de TSF (qui va devenir Radio France, mais qui n’a rien à voir avec le Radio France d’aujourd’hui) par une convention signée le 29 octobre 1920 par M. Deschamps, sous-secrétaire d’Etat au ministère des Travaux Publics, chargé des Postes, Télégraphes, Téléphones et M. Girardeau, administrateur de la Compagnie Radio-France.
Ils auront pour mission de construire et ensuite exploiter cette station pour les besoins de communication de l’État.
Le centre radioélectrique de Paris
Il faut préciser qu’on parle de la station de Sainte Assise, mais en réalité, ce n’est que la partie émission de la station.
Comme tout centre puissant, la réception ne peut se faire sur le même site, car les récepteurs seraient incapables de fonctionner correctement.
La station de réception est située à Villecresne, 20 km au nord de Sainte Assise.
Le centre de Villecresne se situait entre la rue du bois d’Auteuil et la caserne des pompiers, occupé aujourd’hui par le stade et la piscine.
Carte du Sud de la région Parisienne
Les deux centres sont pilotés depuis le 166 rue Montmartre à Paris.
Dans les archives officielles des PTT, cette station est nommée Le centre radioélectrique de Paris.
Sainte Assise a été choisi pour le centre d’émission à cause d’une nappe phréatique peu profonde sous la surface qui favorise le réfléchissement des ondes dans les hautes couches de l’atmosphère.
La station de Sainte-Assise était composée de trois bâtiments : la station Continentale, la station Transcontinentale, la station Ondes Longues.
Fonctionnement de la station Télégraphique de Paris
La Continentale est équipée de deux alternateurs H.F. de 250 et 500 Kws. La longueur d’onde d’émission allait de 8 600 m à 11 000 m. par variation de la vitesse des alternateurs de 5 000 à 6 800 t/min. Les antennes étaient supportées par 16 pylônes de 250 mètres. Une autre antenne de type cône était supportée par un pylône de 250 m de haut. Un petit émetteur à lampes servait occasionnellement pour émettre sur des longueurs d’ondes comprises entre 2 000 et 6 000 m. et servait probablement de secours.
Le chantier est colossal et sera pourtant très vite achevé puisqu’en 1922, les premières transmissions débutent et l’année suivante, la station sera complètement opérationnelle.
Elle devient la station la plus puissante et la plus perfectionnée en 1923.
Carte postale de la collection Clerfeuille – salle des machines de Sainte-Assise
Au cours de l’année 1921, les ingénieurs du centre décident de procéder à des essais de diffusion un peu particuliers. N’oublions pas que ce centre est destiné aux communications télégraphiques et pourtant, ils décident d’essayer la diffusion de la voix. Aussi, le 26 juin 1921, ils vont diffuser un discours suivi d’un morceau de musique. Cette transmission sera écoutée par les participants d’une réunion en l’honneur de Branly qui se tient rue Blanche à Paris.
Un nouvel essai avec plus de puissance sera effectué quelques mois plus tard avec la retransmission de la Marseillaise interprétée par la cantatrice Yvonne Brothier qui a lieu au château de Saint Assise.
On lui demande de ne pas pousser les notes aiguës afin de ne pas détruire les lampes de l’émetteur, mais finalement, aucune lampe n’a subi de dommage.
La cantatrice sera écoutée à l’hôtel Lutétia lors d’un dîner en l’honneur d’Ampère auquel assiste le ministre des PTT de l’époque.
Il s’agit des deux seules retransmissions “radiodiffusées” réalisées depuis le centre de Sainte Assise pour montrer que l’équipe technique maîtrise parfaitement cette technique et que les émetteurs du centre sont parfaitement fonctionnels.
Le centre radioélectrique de Paris pouvait communiquer avec Bamako, Brazzaville, Djibouti, la Guadeloupe, la Guyane, le Maghreb, la Martinique, Nouméa, Papeete, le Sénégal et Tananarive.
De 1920 à 1935 d’autres centres de communications importants sortiront de terre tels que, Bordeaux-La Fayette, Lyon-La-Doua, Pontoise, Saint-Pierre-des-Corps.
À partir de 1939, seules, les Ondes Courtes étaient utilisées ; Sainte-Assise assurait les liaisons avec Buenos-Aires, Rio-de-Janeiros, Saïgon, Le Caire et les bateaux qui croisent dans l’Atlantiques sud.
La Seconde Guerre mondiale
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Sainte-Assise est sous le contrôle de l’occupant qui l’utilise pour les liaisons avec ses sous-marins. Le 17 août 1944 à l’approche des troupes alliées, les Allemands sabotent les centres de Sainte Assise et Villecresne dans la précipitation. Ils seront partiellement réparés avec les moyens disponibles de l’époque, mais seront entièrement refaits entre 1950 et 1954.
Aujourd’hui en 2025
Que reste-t-il aujourd’hui des installations de Sainte Assise?
Aujourd’hui, les installations ont évolué, mais elles sont toujours en service et la propriété de la Marine Nationale depuis 1991, qui les utilise pour les liaisons avec les sous-marins de la flotte française. Il y a toujours de très longues antennes et des émetteurs puissants. Les bâtiments de l’époque sont pour la plupart encore existants, mais pas utilisés. Compte tenu de l’aspect militaire et stratégique, il n’est pas possible de visiter les lieux.
Les archives ne contiennent pas d’autres détails si ce n’est des informations techniques sur les émetteurs et leurs puissances colossales. Cependant, sur le centre lui-même, nous ne pourrons pas en savoir davantage puisqu’il est encore en activité. Pour terminer cet exposé, voici une petite anecdote visible dans la presse qui relate l’activité toujours en évolution de ce centre de transmission.
En 2013, le journal local fait mention d’une polémique autour de la demande de l’armée qui souhaite fermer la petite route qui traverse le centre pour des raisons de sécurité et de développement d’une nouvelle antenne. Malheureusement, cette route dessert une petite commune et leurs habitants ne l’entendent pas de cette oreille.
C’est un sujet de défense nationale et de secret-défense, mais le responsable du site militaire rappelle que le centre fait partie des lieux stratégiques et qu’il est inclus au cœur du dispositif des transmissions de la force nucléaire française. En effet, il doit être en capacité de transmettre un éventuel ordre d’attaque nucléaire du président de la République. Le responsable indique que la portée des antennes est réduite ce qui induit des conséquences opérationnelles les mettant dans l’impossibilité de transmettre un ordre de tir imposant de ce fait, une extension du champ d’antenne.
Au-delà du contexte particulier de ce dernier paragraphe, cela permet de se rendre compte que la station de Sainte Assise vit toujours et qu’elle semble avoir encore de longues années de service devant elle, même si cette station ne peut pas procurer de plaisir aux sans-filistes modernes…
Conclusion
Depuis les années 1920 et les travaux du Général Ferrié, les stations puissantes de radiocommunications sortaient de terre comme des champignons après la pluie. Pour le plus grand plaisir des passionnés de radio, ces stations qui étaient bien plus nombreuses que celles dédiées à la radiodiffusion permettaient au public curieux de s’ouvrir sur un monde nouveau et mystérieux. Je pense que c’est pour cette raison que Sainte Assise, qui je vous le rappelle n’était pas destiné à la diffusion pour le public, est resté dans l’esprit des passionnés de radio. C’est un peu pareil, si je peux faire la comparaison “moderne”, avec le centre de Saint-Lys radio.
Nous aborderons ce centre prochainement, car les plus jeunes passionnés en entendent parler, sans trop savoir ce qu’il était et représentait pour bon nombre d’amateurs et les marins.
Les informations qui nous ont permis de rédiger ce texte sont issues des recherches en archives et de livres de la bibliothèque du musée. Voilà pourquoi certains sujets ont été abordés et d’autres pas. Ce n’est pas un roman, il convient de se fier à des faits historiques et d’occulter le reste, même si nous manquons de précisions, il est important pour nous de rester fidèle aux sources.
L’équipe du musée remercie tous ceux qui ont pris part à la rédaction de ce sujet.
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