Le vibro, quel drôle d’engin ! Même sa sonorité est tellement spéciale que de plus en plus d’opérateurs télégraphiques n’arrivent pas à décoder les signaux qu’il génère.
Le principe a été inventé par un Américain en 1905 (Horace Martin). Ces modèles étaient commercialisés sous la licence Vibroplex. Cet objet a été construit pour augmenter la vitesse de transmission des messages télégraphiques.
Dans ce sujet, c’est de Vibro-Mors qu’on va parler. Vibro-Mors, c’est une marque française créée après la Seconde Guerre mondiale. Cette marque proposait des manipulateurs semi-automatiques mécaniques par vibration.
Il y avait deux versions : une avec le socle noir et une autre avec le socle chromé.
L’ennui de cette dernière, c’est que le revêtement chromé vieillit très mal.
Refaire une pièce chromée coûte très cher, entre 250 et 400 € d’après les devis que j’ai fait faire. Il m’est alors venu une idée qui devrait donner une illusion de brillance : le polissage.
L’ennui, c’est qu’il faut tout retirer de la pièce. Le manipulateur doit être mis en pièces.
Le démontage est soigné en prenant un maximum de photos et de notes pour le remontage.



Les objectifs
Utiliser le manipulateur, le conserver le plus possible d’origine, lui redonner un semblant d’esthétique acceptable.
Normalement, nous ne devons pas apporter de modifications aux pièces qui constituent nos collections. Il est important de les conserver dans leur état d’origine pour qu’elles restent représentatives de ce qu’elles étaient. Dans ce cas, l’idée a été discutée et nous avons décidé de prendre le risque de tenter une restauration. Les vibromors sont des manipulateurs courants et, si par malheur celui-ci ne correspond plus aux conditions de conservation, il y aura toujours possibilité d’en trouver un autre similaire. De plus, il semble que nous en avons plusieurs en réserve. Donc, plutôt que de le laisser dans un état déplorable, autant essayer quelque chose. J’étais quand même à peu près sûr de parvenir à un résultat acceptable et, avant de commencer, j’ai procédé à un test pour montrer le résultat et expliquer les travaux.
Le polissage ne donne pas le même effet qu’un joli chrome, mais, par rapport à l’état actuel, cela nous a semblé mieux.
Une fois les travaux validés, c’est parti pour une grosse journée de travail à l’atelier.
Le démontage est simple et rapide ; c’est le nettoyage qui va prendre beaucoup de temps.



Le ponçage
C’est une partie délicate, parce qu’il est important de ne pas marquer le métal. Chaque imperfection sera visible sur le résultat final.
Tout d’abord, nettoyage avec du papier à gros grain (80). Il faut être régulier et toujours aller dans le même sens. La rouille doit partir et le ponçage doit être régulier sur toute la surface.
Un bon nettoyage au papier sec en premier, puis avec de l’alcool ensuite, pour retirer les traces de ponçage.
Deuxième passe avec un grain plus fin à 400. Toujours bien régulier avec une cale et dans le même sens. À la fin, un nouveau nettoyage à l’alcool sera nécessaire.
Troisième passe, avec un grain toujours plus fin à 800. Même opération que précédemment.
Quatrième passe, avec un grain à 1200. Cinquième passe, avec cette fois un papier abrasif avec un grain à 2400 et, si possible, une sixième passe avec un papier abrasif avec un grain à 3200.
Un nettoyage à l’alcool est nécessaire à chaque étape.
Enfin, l’utilisation d’un tampon de polissage monté sur une ponceuse et de la pâte à polir permet d’obtenir le brillant. Plusieurs passages avec de la pâte à polir peuvent être nécessaires.
Voilà, ça brille. Pas autant qu’un chrome, mais ça brille.
Tout en évitant de mettre ses doigts sur la pièce, il faut remonter les éléments du manipulateur.


Voici le résultat:




Même si ce n’est pas parfait, c’est quand même mieux qu’avant.
Sources des informations historiques
F9WT,
F2QH,
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