Histoire de la radio : Le Général Ferrié et ses Découvertes

 

Voici une suite du sujet sur l’histoire de la station télégraphique de la tour Eiffel et les travaux du Général Ferrié.

Une suite et pas la suite, parce qu’il y a tellement de choses à dire sur une période de 20 à 30 ans après la Première Guerre mondiale qu’il faudra traiter les sujets en plusieurs fois.
Les recherches et bien sur les découvertes s’enchaînent à un rythme effréné pour continuer à faire progresser la technologie de la radio et des communications. Si au début du vingtième siècle communiquer sans fil paraissait pour le commun des mortels improbable, voici que 30 ans plus tard, on lui dit que les ondes radio rebondissent sur les différentes couches de l’atmosphère. Si aujourd’hui ce phénomène est bien connu, et même utilisé, la découverte de cet effet n’a pas été simple à démontrer.

Pour rappel, dans les années 1920, les premiers émetteurs à lampes font leur apparition et ils vont détrôner les émetteurs à arc trop gourmand en énergie. Il faut une puissance colossale pour alimenter ces émetteurs alors que les émetteurs à lampes utilisent moins d’énergie, même si cela reste important. L’optimisation des installations aidée par les dernières découvertes scientifiques vont permettre de mieux comprendre les ondes radioélectriques et de mieux les maîtriser.

S’il fallait encore présenter le Général Ferrié, il s’agissait d’un militaire qui a développé la radiotélégraphie pour les besoins en communications de l’armée française. Ferrié est diplômé de l’École Polytechnique. Il a dirigé l’école de télégraphie militaire et l’école d’application de l’artillerie et du génie. C’est à lui que nous devons la station télégraphique de la tour Eiffel et bien d’autres choses encore. Dans le domaine des radiocommunications, il a fait de nombreuses études et découvertes. Il a participé à de nombreux échanges avec des physiciens qui étudiaient les ondes radio. C’est d’ailleurs lors d’une conférence qui s’est tenue fin de l’année 1930 pour des ingénieurs civils qu’il a dévoilé la situation et l’évolution de la radio.

Maquette de la station de la tour Eiffel
Maquette de la station de la tour Eiffel

Il a commencé par faire le point de tous les éléments terrestres, atmosphériques et cosmiques qui peuvent influer sur la propagation des ondes radio.
Selon lui, la basse atmosphère, dans la limite de 25 kilomètres, est soumise à d’importants échanges thermiques, la terre rayonne jusqu’à une calorie par mètre carré et par minute, déperdition compensée par une chaleur qui provient des émanations du radium et du thorium des couches terrestres superficielles.
Ce sont ces émanations qui ionisent l’air par agglomérations des particules de poussière ionisées. Dans les hautes couches de l’atmosphère, le rayonnement solaire arrive très riche en rayons ultraviolets qui sont absorbés par la couche d’ozone dont la présence a été révélée par l’étude des spectres lumineux et a été confirmée par les expériences de M. Maurain en 1929.
Le Général Ferrié précise que les connaissances de l’atmosphère en 1930 sont encore incomplètes puisqu’il reste des phénomènes inexpliqués.

Selon Ferrié, les ondes se propagent de deux façons. Je vous livre ses propos tel quel sans modification ni complément issus des connaissances modernes.

Premièrement, la propagation se fait par glissement à la surface du sol, mais avec une portée limitée à quelques kilomètres.
Deuxièmement, dans la haute atmosphère, par réflexion sur la zone ionisée de la partie supérieure. Cette couche, étant conductrice, fait obstacle au passage des ondes qui fait réflexion du rayonnements en direction du sol. Laquelle les réfléchit à nouveau vers le ciel, faisant ainsi le tour de la terre par rebond successifs.

Il précise aussi que la hauteur de la couche réfléchissante semble varier avec la longueur d’onde et les ondes ionisées ont une fréquence de résonance qui leur est propre ce qui complique le phénomène.

Evolution des communications sur ondes courtes

Il est un mythe souvent repris par les radioamateurs qui se targuent d’être à l’origine de la découverte des ondes courtes. Ce n’est pas tout à fait vrai, il faut nuancer cela.

L’état qui dominait le monde des utilisateurs de fréquences, connaissait déjà ce que permettaient les ondes courtes, et même les VHF à la fin des années 1920 1930.
L’utilisation de ces bandes ne les intéressait pas à cette époque, c’est d’ailleurs pour cela qu’elles ont été laissées à l’utilisation des radioamateurs.

Le général Ferrié avait un lien particulier avec tous les secteurs des communications et les radioamateurs aussi. Il gardait un œil sur ce qu’ils faisaient et il n’hésitait d’ailleurs pas à les conseiller au travers de publications dans les revues spécialisées ou de conférences.
Pour le Général, cela lui permettait d’être informé sur ce que d’autres expérimentent afin de voir si des applications étaient utiles pour les besoins en communications de l’armée.
Ne voyez pas cela comme une surveillance malsaine ou de l’espionnage, mais plutôt comme un échange des savoirs et des connaissances avec les radioamateurs, parce que c’est bien ainsi que cela se faisait à l’époque. C’est ce que démontrent les nombreuses correspondances écrites qu’a eues le Général avec notamment le réseau des émetteurs Français, association nationale des radioamateurs.
Pour revenir à la conférence de Ferrié de la fin 1930, voici un condensé de ses propos sur les ondes courtes et au-delà.

Depuis l’invention de la lampe à 3 électrodes (la triode) il est plus facile de revenir sur les ondes courtes avec une puissance réduite. Celles-ci subissent des irrégularités de transmission provenant de la non-concordance de leurs ondes avec la résonance de la zone ionisée de réflexion ou par suite de la rencontre avec des nuages ionisés. L’emploi de réflecteurs de “ces petites ondes” (les ondes courtes) effectué par Messieurs Mesny et Chirex, remédie à ces irrégularités, et l’on obtient ainsi des liaisons lointaines avec seulement quelques dizaines de kilowatts, pour des longueurs d’ondes comprises entre 30 et 20 mètres. Une limite cependant a été observée vers les 12 mètres qui marquait un arrêt total des transmissions. Des essais effectués sur des ondes de 3 mètres ont, toutefois, donné des résultats satisfaisants à distance faible, comme entre la France et la Corse. Mais elles se transmettent à la surface du sol d’un point à un autre et, comme la lumière, sont arrêtées par tous les obstacles terrestres. Par contre, elles sont totalement indifférentes aux perturbations atmosphériques, même aux violents orages.

Enfin, des essais en laboratoire ont porté sur des ondes dans l’infrarouge, ou les utilisations de type barrages non-visibles contre les infractions par exemple peuvent être très utiles.
La puissance énorme des rayons “ultra pénétrants” constatés dans notre atmosphère laisse supposer que nous avons encore beaucoup à apprendre dans l’étude des courtes radiations.

Voilà où en étaient les connaissances à la fin des années 1930 sur les ondes radioélectriques.
Le cycle solaire d’une décennie était également connu puisqu’il a été aussi mentionné dans les écrits du Général.

Je terminerais par une autre nuance, les radioamateurs de l’époque étaient pour une très grande majorité des gens très instruit et avec des connaissances poussées dans le domaine de la physique et de l’électricité. Rien à voir avec l’activité radioamateur moderne ouverte à tout un chacun qui s’intéresse à la radiocommunication. Bien sûr, nous bénéficions du savoir qu’ont découvert les générations de chercheurs et expérimentateurs qui nous précèdent, mais il est difficile de faire une comparaison entre nos deux époques.

Conclusion

Le Général Ferrié et ses contemporains qui ont œuvré dans le développement que nous leurs devons aujourd’hui sur les communications et au sens plus large, l’utilisation des radiofréquences, étaient de grands savants, mais ils faut quand même préciser une chose importante, ils savaient communiquer entre eux pour échanger des connaissances et ainsi permettre à la radio d’évoluer. La communication était ouverte à tous les milieux, scientifiques, techniques, professionnels et amateurs. C’est bien connu, l’union fait la force.
De mon point de vue aussi modeste soit-il, en parcourant les nombreux documents qui me permettent de vous livrer ses textes, je note que les différents acteurs de cette époque étaient avant tout des gens simples qui, malgré leur statut social, leurs fonctions importantes et leurs responsabilités ne se prenaient pas pour des êtres supérieurs et partageaient volontiers leurs connaissances. Et je pense qu’avant tout, c’est pour cela qu’ils ont fait de grandes choses et de grandes découvertes. Finalement ne serait-ce pas cela la compétence?

RAD n°1 première année (1931) édition Dunod L.D. Foucault

Livre “Le siècle de la radio” J-C Montagné.

Livre “La télégraphie sans fil” par A. Berget

Livre “La télégraphie sans fil et les progrès dans la TSF” par Lucien Fournier

Archives militaires, musée des armées de Paris.

La radio industrie

Restauration du récepteur n°35 de 1923

Récepteur Radio-industrie n°35 restauré
Récepteur Radio-industrie n°35 restauré

Récepteur de la collection Clerfeuille n° d’inventaire CC-11-2025

À l’origine, il n’était pas prévu de faire un compte-rendu public de cette restauration, mais comme il ne reste que très peu de traces des appareils de cette marque, j’ai eu l’idée de laisser quelques informations sur Internet. C’est également pour cela que la grande partie de cette vidéo sera faite sur des photos. Je vous en parlerais plus en détail plus loin.

Profitant de la période hivernale ou le musée est fermé au public, j’ai entrepris de restaurer cet appareil que je trouve magnifique. Il est vrai qu’aujourd’hui les postes de cette marque sont très rares, mais il en reste quelques modèles chez les collectionneurs qui, par chance, les conservent précieusement.

L’histoire de ce modèle en particulier est spéciale, voilà pourquoi il me tenait à cœur de le restaurer, mais vous allez découvrir que ce n’est pas à moi que revient le mérite de ce travail. Je me suis contenté d’être la main qui a réalisé le remontage qui n’aurait pas été possible sans l’immense travail de recherche qui a pris presque 20 ans pour rassembler les informations nécessaires pour lui redonner vie.

Le dossier de ce poste comprend 103 pages, c’est très important pour la suite. 

Je souligne que si effectivement ce modèle est très joli extérieurement, il reste un modèle de moyenne gamme très peu élaboré dans son montage et pas du tout soigné comparé à d’autres marques de l’époque qui fabriquaient des appareils avec un câblage soigné. Ici, il n’en est rien, c’est du montage volant presque amateur, avec des composants achetés à d’autres marques pour certains et d’autres fabriqués sur mesure. Il n’empêche qu’il a existé et que sa restauration a donc été faite en respectant ce type de montage et autant que faire se peut en respectant la position des composants et bien entendu le schéma.

L’idée étant, comme toujours pour le musée de la radio, de présenter des appareils authentiques qui n’ont pas été modifiés ou améliorés.

Intérieur du poste modèle N°35
Intérieur du poste modèle N°35

Comme je vous le disais précédemment, le but de cette vidéo n’est pas de vous montrer pas à pas la restauration de cet appareil, cela n’a pas beaucoup d’intérêt. Je vous montre quelques curiosités quand même, mais l’objectif est de laisser des traces et surtout le schéma de ce modèle. Comme je vous l’ai dis, cette marque est aujourd’hui rare sur Internet, c’est donc juste pour partager les informations essentielles que j’ai à disposition. Je ne peux pas non plus vous dévoiler le dossier complet, parce qu’il y a beaucoup de correspondances et par respect pour les personnes et leurs familles, il n’est pas question de les rendre publics même s’il n’y a rien de personnel dans ces échanges. En revanche partager les quelques informations techniques, ce sera peut-être utile pour d’autres collectionneurs.

Ce récepteur est un modèle qui a été acheté en 1984 pour le prix de 900F.

Lorsqu’il reçoit cet appareil, il savait qu’il avait été modifié non pas par le propriétaire précédent, mais probablement entre 1930 et 1940. Le vendeur et l’acheteur avaient d’ailleurs échangé par courrier à ce sujet.

Ces recherches pour cet appareil ont duré de 1984 jusqu’à au moins 2002. Ces dates sont connues par des courriers échangés pour des renseignements et qui sont dans le dossier.

L’objectif en 1984 était donc de le remettre dans son état d’origine, sauf qu’à cette époque, il n’y avait à peine plus de documents qu’aujourd’hui, mais des collectionneurs qui échangeaient avec beaucoup de courtoisie sur leur passion.

Je ne souhaite pas dévoiler la fin maintenant, mais il est important de savoir que 90 % du travail a été fait par M. Clerfeuille qui pendant une vingtaine d’années a recherché les informations, rassemblé les composants et procédé à de nombreux essais. Malheureusement, il n’a pas eu le temps de terminer cette restauration et c’est donc moi qui ai la charge de finir ce projet. Cela n’a pas été simple, parce qu’il a fallu parcourir tout le dossier pour comprendre les démarches de mon prédécesseur afin de respecter son travail et l’état d’origine du poste. C’est donc avec beaucoup de respect et des choix parfois difficiles que j’ai avancé pas à pas pour reconstituer ce magnifique objet.

Par chance, extraordinaire, il a beaucoup documenté ses recherches et pour cause, cela s’est passé sur une vingtaine d’années, il aurait été compliqué de ne pas mettre par écrit ses réflexions. Mais elles ont néanmoins permis un remontage précis et respectueux du modèle.

La première chose importante qui a été faite en 1984, c’est un relevé minutieux du schéma avec des photos argentiques pour reconstituer ce qui a été modifié et ce qui reste d’origine. Malheureusement, comme on peut s’en douter, il ne restait pas grand-chose d’origine et la jolie caisse en bois a été percée pour ajouter des commandes. On ne peut pas en vouloir à celui qui a cherché à améliorer les performances de ce récepteur qui, je vous le rappelle, n’était pas d’une technologie très évoluée. D’ailleurs dans les correspondances, on retrouve un échange sur une deuxième version de ce modèle qui daterait de 1924 soit un an à peine après la sortie de celui-ci.

C’est justement sur le schéma du modèle de 1924 que celui-ci a été reconstruit, car les évolutions ont été minimes et c’est sur les commandes que celles-ci ont eu lieu. On le retrouve bien en comparant les photos du modèle d’un collectionneur qui a apporté une aide précieuse avec son propre modèle.

Comme il s’agit d’un modèle à réaction, la position des selfs fixes et mobiles n’ont pas été simples à retrouver. Comme vous pouvez le voir sur les plans réalisés à l’époque, il a fallu faire de nombreux calculs pour y parvenir.

Support de selfs du premier modèle

Avant d’aller plus loin, voici les documents qui serviront pour la restauration.

Il s’agit de photos d’un poste du modèle similaire, mais de la deuxième version de 1924 ce qui a considérablement aidé pour le projet.

Encore une fois, ça fait peu d’informations, mais c’est tout ce qu’il y a de disponible pour avancer et sans les nombreuses notes et échanges présents dans le dossier, il serait resté à l’état de boite vide puisque c’est ainsi que le musée en a pris possession en 2024.

Photos de poste
modèle d'origine
la publicité du modèle de 1923
la publicité du modèle de 1923
Photos argentiques 1984
Photos du RI n°35 dans le dossier
modifications du poste
Tout ce qui est encerclé de jaune est à supprimer.
vue de l'intérieur

J’estime la modification entre 1930 et 1940 d’après les composants utilisés.

schéma du RI n°35 de 1923

Il est équipé de 4 lampes TM qui réalisent l’amplification, la détection, et deux lampes pour la partie basses fréquences.

Les trous dans la caisse ont été adroitement rebouchés, je n’aurais certainement pas fait mieux, même s’ils se voient encore un peu. Fallait-il refaire une façade et le dessus ? Ça se discute. Dans le cas de notre musée, nous avons établi un protocole afin de respecter l’histoire et la représentativité du matériel. Pour tout appareil qui date d’avant 1945 la restauration doit être limitée au strict minimum.  Il faut intervenir avec parcimonie sur le matériel et dans le cas de ce modèle, refaire la façade complètement aurait peut-être été une solution acceptable si tout l’intérieur n’avait pas été modifié et donc à refaire. En tenant compte de cela, refaire l’intérieur plus la façade et le dessus, il reste trop peu de matière d’origine pour dire que le poste est d’époque. Cela aurait déclassé le poste en réplique et ce n’est pas notre but d’exposer des répliques. Donc il faut parfois prendre des décisions, pas toujours facilement d’ailleurs, mais c’est important.

Réparation de la caisse

Regardez le condensateur variable d’accord comment il a été fabriqué et répliqué sur la copie identique du modèle de référence. Il est constitué de deux plaques en laiton isolées par une feuille de mica. La vis centrale rapproche les plaques faisant ainsi varier la valeur capacitive.

Condensateur d'accord
CV d'accord
intérieur du poste pendant la restauration

Les composants utilisés en 1923 sont à peu près toujours les mêmes. Il n’y en avait pas beaucoup. On retrouve des selfs, des condensateurs, des résistances et des transformateurs.

Ces derniers sont d’époque, mais pas d’origine malheureusement. Les selfs du système à réaction sont neuves, la self du sélecteur est d’origine par contre. Les condensateurs fixes sont d’origine est constitué de feuilles de cuivre coincé entre deux morceaux de plastiques noir. Le condensateur variable est une reconstitution et enfin, les résistances ne sont pas d’origine parce que complètement absente.

Ce sont ces dernières qui m’ont finalement posé le plus de problème. Impossible de savoir dans les documents à quoi elles ressemblaient. Donc j’ai tout simplement regardé sur les postes à batteries de 1923 le type de résistances utilisées et j’ai remis les mêmes dans ce poste. Mais quand je vois les condensateurs, je doute que les résistances aient été équivalentes à celles que j’ai monté. Je suppose qu’ils avaient enroulé du fil résistif sur un mandrin en plastique et calculé à peu près la valeur dont ils avaient besoin. Ça devait coûter bien moins cher de se fabriquer les résistances nécessaires. Surtout qu’il y en a seulement deux !

Encore une fois, cela illustre bien le type de montage presque amateur qui a été fait sur ces modèles. Alors qu’à la même époque sur des appareils de marques concurrentes, on retrouve de vrais condensateurs et de vraies résistances.

Les informations sur la marque ont été trouvées sur DocTSF puisque c’est à ce jour la seule source d’information disponible.

C’était une petite entreprise parisienne qui n’a pas construit beaucoup d’appareils.

Son adresse de 1922 à 1934 était au 25 rue des Usines dans le quinzième arrondissement de Paris.

À partir des années 1930, environ l’entreprise décroche un contrat avec le ministère des armées et commence à réaliser des appareils militaires.

Elle aurait été absorbée par la société Thomson suite à des difficultés financières. 

Pour plus de détails, je vous suggère d’aller sur DocTSF.

La restauration a duré un mois et demi. C’est de loin le projet le plus intéressant et instructif que j’ai réalisé, même si mon travail ne s’est limité qu’à la partie remontage.

Reprendre le projet d’une personne qui a œuvré pendant 20 ans pour l’aboutissement de celui-ci n’est une chose simple. Surtout quand cette personne n’est plus là pour donner son point de vue et ses conseils. C’est avec beaucoup de respect et d’humilité que j’ai, chaque jour, assemblé les composants de ce poste. Il fallait respecter le montage d’origine et le travail qui a été fait au risque de ne pas pouvoir inclure cet objet a l’inventaire de la collection. Je n’étais pas sûr d’y parvenir, mais pour réussir cette mission, je me suis contenté de respecter à la lettre les instructions laissées par son propriétaire précédent. C’est un très bel appareil et une place de choix lui sera réservée sur les étagères du musée.

Il faut souligner que c’est une chance d’avoir un exemplaire de cette marque et cela est possible grâce aux collectionneurs passionnés, acharnés même qui ont reconstitué la partie technique de A à Z avec les informations qu’ils avaient à leur disposition. Je me permets donc de conseiller à tous les collectionneurs privés de documenter leur collection autant que possible, surtout les modèles rares, parce que peut-être qu’un jour cela permettra de conserver le souvenir d’une marque ou d’un modèle. Pour un musée, la documentation d’une collection est vitale, parce que le but n’est pas d’entasser du matériel sur des étagères, mais de conserver l’histoire qui va avec.

Radio Industrie n°35
Radio Industrie n°35 de 1923
Radio Industrie n°35 de 1923
M. Pierre Clerfeuille
M. Pierre Clerfeuille

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Route des ondes
Association HRC
Musée de la radio et des communications d'Auvergne

Les matériaux utilisés pour les postes de la marque Philips.

Les matériaux utilisés dans la fabrication des postes de TSF ont beaucoup évolué sur 100 ans d’histoire. Voici quelques informations sur ceux utilisés par la marque Philips qui ont souvent des noms inconnus et spécifiques à cette marque.

Au début du vingtième siècle, la matière la plus utilisée était le bois parce qu’il est facile à trouver et selon l’essence utilisée, il peut être noble ou bon marché.

Le plastique, comme on le connaît aujourd’hui, n’existait pas et coûtait cher à fabriquer. 

Le mot plastique est un terme qui englobe tout type de matériaux obtenus par polymérisation de différents composés.

Il existe de nombreuses sortes de matières plastiques et vous vous doutez bien qu’ils ont évolué tant sur la fabrication que sur les composés utilisés.

Dans le domaine de la TSF, on rencontre souvent des matériaux étranges avec des noms tout aussi bizarres. La philite, l’ébonite, la Vanhérite, l’Arbolite, le Pégamoïd et certainement le plus connu, la Bakélite, mais il en existe d’autres.

En 1907, un chimiste belge du nom de Léo Backeland invente une matière plastique synthétique, la Bakélite. Le nom de cette matière est déposé et ne peut être utilisé sans payer des droits bien entendu. Pour éviter cela, Philips dépose le nom de Philite en 1923, pour le même matériau à l’exception de la formule qui diffère (en théorie) quelque peu. En théorie seulement parce qu’en réalité, c’est de la bakélite, mais avec un autre nom. Donc la Philite, c’est de la bakélite, mais utilisée pour la marque Philips. 

Philips 2501

Le pégamoïd est un tissu qui ressemble à du cuir et qui recouvre l’ébénisterie. Il donne un bel aspect pour l’époque, l’exemple du 2501 dit le “cercueil” vous donnera une illustration concrète de ce matériau. 

L’Arbonite et la Vanhérite sont des plaques de cellulose et de résine de phénolique compressé et recouvert d’un film avec décor imitation bois. Un exemple parlant, c’est l’ébénisterie du 930 A qui est une ossature métallique recouverte de ce matériau avec un motif imitation bois. Il a un aspect de carton et il est particulièrement fragile, attention donc lors du nettoyage à ne pas utiliser de solvant trop agressif et un chiffon abrasif.

Philips 930 A
Philips 930 A

Je vous conseille une solution très simple et peu chère, dans une bouteille d’un litre vous mélangez un demi-litre d’eau et un demi-litre d’alcool ménager avec quelques gouttes de liquide vaisselle. Utilisez un chiffon très doux et n’insistez pas trop quand même parce qu’à force, vous risqueriez quand même de détériorer le film de surface. 

Vous l’aurez compris, attention à certains matériaux qui sont fragiles et compliqués à manipuler. Chaque marque utilise ses matériaux, mais certaines derrière un nom étrange utilisent finalement la même chose que leurs concurrents. Les produits modernes ne sont pas toujours appropriés à ces matières anciennes. Il convient de procéder avec prudence et de se renseigner avant quand cela est possible.

-Les radio Philips de collection 1928/1948

-Philips catalogue illustré de 1928 aux années 50

-Le guide du collectionneur TSF – Radio – TV (Guy Biraud et Richard Foster)

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Histoire de Sainte-Assise

centre radioélectrique de Paris

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Avant propos

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Les communications télégraphiques de l’Etat Français

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Le centre radioélectrique de Paris

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La Seconde Guerre mondiale

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Aujourd’hui en 2025

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Conclusion

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Sources

Dans les années 1920, il était courant d’écouter les stations télégraphiques militaires et tout type de transmission qui était pour la plupart des essais avant que la radiodiffusion ne vienne égayer le spectre radioélectrique. Bien sûr, au début, ses stations n’étaient vraiment pas nombreuses alors c’était un plaisir de les capter, voir même une belle performance pour ceux qui étaient loin de Paris. 

Sainte Assise était une station puissante et écoutée par les “sans-filistes” passionnés. Comme cette station était, comme celle de la tour Eiffel, une station utilitaire d’origine militaire ou pour les besoins de l’Etat, elle ne transmettait que des messages télégraphiques. Mais alors pourquoi est-elle restée dans les listes des stations prisées par les “sans-filistes”?

Cette station n’a jamais diffusé de programmes pour le public. Elle n’a pas été construite pour cela et ne le fera jamais. 

C’est grâce aux archives nationales et à la bibliothèque du musée que nous allons en apprendre un peu plus sur cette station , qui a son époque, a permis de démontrer le savoir-faire français et tout le génie dont les concepteurs ont fait preuve. 

La station télégraphique de la tour Eiffel, une fois opérationnelle, a très vite été saturée par les besoins de transmission de message ce qui rallonge considérablement le temps d’acheminement des messages. En 1920 une station télégraphique en périphérie de Paris est à l’étude. L’idée est d’avoir une grosse station puissante et capable de communiquer partout dans le monde. Ce projet sera confié à la compagnie générale de TSF (qui va devenir Radio France, mais qui n’a rien à voir avec le Radio France d’aujourd’hui) par une convention signée le 29 octobre 1920 par M. Deschamps, sous-secrétaire d’Etat au ministère des Travaux Publics, chargé des Postes, Télégraphes, Téléphones et M. Girardeau, administrateur de la Compagnie Radio-France.

Ils auront pour mission de construire et ensuite exploiter cette station pour les besoins de communication de l’État.

Il faut préciser qu’on parle de la station de Sainte Assise, mais en réalité, ce n’est que la partie émission de la station.

Comme tout centre puissant, la réception ne peut se faire sur le même site, car les récepteurs seraient incapables de fonctionner correctement.

La station de réception est située à Villecresne, 20 km au nord de Sainte Assise.

Le centre de Villecresne se situait entre la rue du bois d’Auteuil et la caserne des pompiers, occupé aujourd’hui par le stade et la piscine.

Carte du Sud de la région Parisienne
Carte du Sud de la région Parisienne

Les deux centres sont pilotés depuis le 166 rue Montmartre à Paris. 

Dans les archives officielles des PTT, cette station est nommée Le centre radioélectrique de Paris.

Sainte Assise a été choisi pour le centre d’émission à cause d’une nappe phréatique peu profonde sous la surface qui favorise le réfléchissement des ondes dans les hautes couches de l’atmosphère. 

La station de Sainte-Assise était composée de trois bâtiments : la station Continentale, la station Transcontinentale, la station Ondes Longues.

Carte du fonctionnement de la station télégraphique de Paris en 1922
Fonctionnement de la station Télégraphique de Paris

La Continentale est équipée de deux alternateurs H.F. de 250 et 500 Kws. La longueur d’onde d’émission allait de 8 600 m à 11 000 m. par variation de la vitesse des alternateurs de 5 000 à 6 800 t/min. Les antennes étaient supportées par 16 pylônes de 250 mètres. Une autre antenne de type cône était supportée par un pylône de 250 m de haut. Un petit émetteur à lampes servait occasionnellement pour émettre sur des longueurs d’ondes comprises entre 2 000 et 6 000 m. et servait probablement de secours. 

Le chantier est colossal et sera pourtant très vite achevé puisqu’en 1922, les premières transmissions débutent et l’année suivante, la station sera complètement opérationnelle.

Elle devient la station la plus puissante et la plus perfectionnée en 1923.

Carte postale de la collection Clerfeuille – salle des machines de Sainte-Assise

Au cours de l’année 1921, les ingénieurs du centre décident de procéder à des essais de diffusion un peu particuliers. N’oublions pas que ce centre est destiné aux communications télégraphiques et pourtant, ils décident d’essayer la diffusion de la voix. Aussi, le 26 juin 1921, ils vont diffuser un discours suivi d’un morceau de musique. Cette transmission sera écoutée par les participants d’une réunion en l’honneur de Branly qui se tient rue Blanche à Paris. 

Un nouvel essai avec plus de puissance sera effectué quelques mois plus tard avec la retransmission de la Marseillaise interprétée par la cantatrice Yvonne Brothier qui a lieu au château de Saint Assise.

On lui demande de ne pas pousser les notes aiguës afin de ne pas détruire les lampes de l’émetteur, mais finalement, aucune lampe n’a subi de dommage.

La cantatrice sera écoutée à l’hôtel Lutétia lors d’un dîner en l’honneur d’Ampère auquel assiste le ministre des PTT de l’époque. 

Il s’agit des deux seules retransmissions “radiodiffusées” réalisées depuis le centre de Sainte Assise pour montrer que l’équipe technique maîtrise parfaitement cette technique et que les émetteurs du centre sont parfaitement fonctionnels.

Le centre radioélectrique de Paris pouvait communiquer avec Bamako, Brazzaville, Djibouti, la Guadeloupe, la Guyane, le Maghreb, la Martinique, Nouméa, Papeete, le Sénégal et Tananarive. 

De 1920 à 1935 d’autres centres de communications importants sortiront de terre tels que, Bordeaux-La Fayette, Lyon-La-Doua, Pontoise, Saint-Pierre-des-Corps.

À partir de 1939, seules, les Ondes Courtes étaient utilisées ; Sainte-Assise assurait les liaisons avec Buenos-Aires, Rio-de-Janeiros, Saïgon, Le Caire et les bateaux qui croisent dans l’Atlantiques sud.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Sainte-Assise est sous le contrôle de l’occupant qui l’utilise pour les liaisons avec ses sous-marins. Le 17 août 1944 à l’approche des troupes alliées, les Allemands sabotent les centres de Sainte Assise et Villecresne dans la précipitation. Ils seront partiellement réparés avec les moyens disponibles de l’époque, mais seront entièrement refaits entre 1950 et 1954.

Que reste-t-il aujourd’hui des installations de Sainte Assise? 

Aujourd’hui, les installations ont évolué, mais elles sont toujours en service et la propriété de la Marine Nationale depuis 1991, qui les utilise pour les liaisons avec les sous-marins de la flotte française. Il y a toujours de très longues antennes et des émetteurs puissants. Les bâtiments de l’époque sont pour la plupart encore existants, mais pas utilisés. Compte tenu de l’aspect militaire et stratégique, il n’est pas possible de visiter les lieux.

Les archives ne contiennent pas d’autres détails si ce n’est des informations techniques sur les émetteurs et leurs puissances colossales. Cependant, sur le centre lui-même, nous ne pourrons pas en savoir davantage puisqu’il est encore en activité. Pour terminer cet exposé, voici une petite anecdote visible dans la presse qui relate l’activité toujours en évolution de ce centre de transmission.

En 2013, le journal local fait mention d’une polémique autour de la demande de l’armée qui souhaite fermer la petite route qui traverse le centre pour des raisons de sécurité et de développement d’une nouvelle antenne. Malheureusement, cette route dessert une petite commune et leurs habitants ne l’entendent pas de cette oreille. 

C’est un sujet de défense nationale et de secret-défense, mais le responsable du site militaire rappelle que le centre fait partie des lieux stratégiques et qu’il est inclus au cœur du dispositif des transmissions de la force nucléaire française. En effet, il doit être en capacité de transmettre un éventuel ordre d’attaque nucléaire du président de la République. Le responsable indique que la portée des antennes est réduite ce qui induit des conséquences opérationnelles les mettant dans l’impossibilité de transmettre un ordre de tir imposant de ce fait, une extension du champ d’antenne.

Au-delà du contexte particulier de ce dernier paragraphe, cela permet de se rendre compte que la station de Sainte Assise vit toujours et qu’elle semble avoir encore de longues années de service devant elle, même si cette station ne peut pas procurer de plaisir aux sans-filistes modernes… 

Depuis les années 1920 et les travaux du Général Ferrié,  les stations puissantes de radiocommunications sortaient de terre comme des champignons après la pluie. Pour le plus grand plaisir des passionnés de radio, ces stations qui étaient bien plus nombreuses que celles dédiées à la radiodiffusion permettaient au public curieux de s’ouvrir sur un monde nouveau et mystérieux. Je pense que c’est pour cette raison que Sainte Assise, qui je vous le rappelle n’était pas destiné à la diffusion pour le public, est resté dans l’esprit des passionnés de radio. C’est un peu pareil, si je peux faire la comparaison “moderne”, avec le centre de Saint-Lys radio. 

Nous aborderons ce centre prochainement, car les plus jeunes passionnés en entendent parler, sans trop savoir ce qu’il était et représentait pour bon nombre d’amateurs et les marins.

Les informations qui nous ont permis de rédiger ce texte sont issues des recherches en archives et de livres de la bibliothèque du musée. Voilà pourquoi certains sujets ont été abordés et d’autres pas. Ce n’est pas un roman, il convient de se fier à des faits historiques et d’occulter le reste, même si nous manquons de précisions, il est important pour nous de rester fidèle aux sources. 

L’équipe du musée remercie tous ceux qui ont pris part à la rédaction de ce sujet.

Archive national ( https://francearchives.gouv.fr/findingaid/08568d5f4884deb297f66ff95a26f965be1660f4   )

POSTES ET TÉLÉCOMMUNICATIONS – 1800-1940  – RÉPERTOIRE NUMÉRIQUE DÉTAILLÉ  – DE LA  SOUS-SÉRIE 6P

Les livres

“Le siècle de la radio”  J-C Montagné.

“Histoire de la radio” par René Duval

“La télégraphie sans fil” par A. Berget 

“La télégraphie sans fil et les progrès dans la TSF” par Lucien  Fournier

“Quand la radio s’appelait TSF” par Bernard Pouzols 

Illustrations:

Collection Clerfeuille cartes postales du centre de Sainte Assise déposées au musée de la radio et des communications d’Auvergne.

Décembre 2025

Les grandes dates de la radio

Les grandes dates de la radio en France


Début de publication 26 Août 2020


Sources: Compilation de date publié dans différents articles de la revue Toute la radio et la TSF pour tous

1856

Etude des vibrations de la voix par Edouard Léons Scott de Martinville

1877

Thomas Edison invente le Phonographe

1888

E. Berliner invente le Gramophone

1898

Première liaison radiotélégraphique réalisée par Ducretet et Roger entre la tour Eiffel et le Panthéon.

1899

Liaison Finistère Ouessant sur 22 kilomètres avec un appareil Ducretet construit par les ateliers J. Carpentier qui réalisait les premiers appareils radiotélégraphiques militaires, imaginé par le Général Ferrié.

1902

Ducretet étudie la transmission par le sol (TPS)

1904

Ducretet met au point la première transmission des signaux horaires.

1905

Création de la première station radio de la tour Eiffel.

1907

Conception de l’alternateur à haute fréquence (Bethenod) pour la marine nationale.

1908

Réalisation d’une liaison entre Dieppe et Paris en radiotéléphonie par Colin et Jeance.

1910

Fondation de la S.F.R. (Société Française Radioélectrique)
Premier essais d’un émetteur monté sur un avion, le Clément Bayard
Première station côtière à Alger

1911

La tour Eiffel se voit doté d’un émetteur de 300 KW
Equipement des navires de la marine Nationale

1910 à 1914

Construction de stations Française à l’étranger
Construction de la station à le Havre; le radiophare de Sein et Ouessant, station coloniales de Loango, Brazzaville, Fez, Hanoï et Saïgon 300 KW

1914 à 1918

Diffusion du premier radio concert à Bruxelles Laeken
Création de la radiotélégraphie militaire par le Colonel Ferrié.

1915

Fabrication de l’alternateur HF bipolaire de marius Latour.
Première triode Française par Grammont – Premier émetteur à lampes pour la radiotéléphonie (SFR)
Mise au point du premier récepteur hétérodyne

1916

Installation d’un poste à arc à la tour Eiffel. 100 KW
Création du centre émetteur de la marine à Basse Lande 150 KW

1917

Installation du premier poste émetteur sur des aérodromes. Postes à 6 triodes fonctionnant en radiotéléphonie.

1918

premier oscillographe cathodique de Dufour

1919

Construction des premiers radiorécepteurs amateurs à lampe par E. Roger
(Ducretet) et H. Magunna de la société des télégraphes multiple
Premier radiosondeur ultrasonore Langevin- Florisson.
Fondation de la compagnie générale de T.S.F.
Installation d’un alternateur HF de grande puissance à Lyon la Doua.

1920

Équipement d’un aéroport Français avec un émetteur à lampes de 2 KW.
Première liaison radiotélégraphique entre la France et les Etats Unis.

1921

Création du centre radioélectrique de Saint Assise.
A Nice, Léon Deloy reçoit sur 200 m. les émissions d’un amateur britannique.
La redevance sur les postes récepteurs à signaux horaires et météorologique est fixée à 10 francs.
Exposition de postes récepteurs radio pour la première fois à la foire de Paris.
Première démonstration publique de radiodiffusion en l’honneur de Branly
Première émission radiophonique de la tour Eiffel.
Première autorisation d’émetteur à un amateur Français.
Liaison radiophonique constante avec la terre, entre les paquebots Paris et Lafayette qui voyage entre Paris et News York.
Première émission radiophonique à Sainte Assise avec 2 KW sur 1900 m.
Installation de radiogoniomètres sur les paquebots.
Fondation de la société des amis de la T.S.F. (société de radio-électriciens)

1922

Récepteur superhétérodyne pour la radiodiffusion. Apparition des premiers haut parleurs.
Essais de liaison radiotéléphonique ferroviaire sur un train entre Paris et Creil.
Premier récepteur alimenté par courant alternatif, Radio-secteur Barthélemy.
Premier essai de synchronisation des horloges des chemins de fer par radio.
Équipement de la préfecture de police et des véhicules de radiotéléphonie.
Début des radioconcerts Radiola sur 1565 m. avec 2 KW.
Première liaison transatlantique entre Nice (8AB, Leon Deloy) et le Texas sur 190 m.
Fondation du syndicat national des industries radioélectriques.

1923

Lampe de réception à filament de tungstène thorié et à faible consommation.
Triode d’émission démontable.
Essais de transmission sur 45 m en télégraphie militaire.
Liaison bilatérale d’amateur France USA par Léon Deloy avec 2 lampes de 250 W
sur ondes courtes.
Application de la bigrille aux montages à superréaction.

1924

installation de radiotéléphonie à bord de chalutier.
Application de la bigrille au changement de fréquence.
Balisage par radiophares à faisceaux croisés.
Essai d’un émetteur symétrique sur longueur d’onde de 1 m.
Essai de liaison radioélectrique sur longueur d’onde de 9 m.
Radio Paris émet avec 25 Kw. et est entendu à 3000 Km en mer.
Salon de la TSF, on voit des superhétérodynes, des transformateurs HF., des HP
réglables et des diffuseurs, des postes secteurs.
Apparition des lampes à grande amplification de puissance.

1925

Les émissions sur ondes courtes de Sainte Assise sont entendu au Japon et en
Nouvelle Calédonie (17 000 Km)
Vulgarisation du montage Push pull.
Apparition des premiers lecteurs phonographiques amplifiés sur une TSF. (Pick-Up)
Fondation du réseau des émetteurs Français.
Mission radiotélégraphique Arctique du “Pourquoi pas?”

1926

La boussole hertzienne (radiocompas) est montée par H. Busignies.
Apparition du redresseur sec à oxyde de cuivre.
Premier montage récepteur antifading (Lucien Chrétien)
La boîte d’alimentation secteur remplace les batteries pour les récepteurs.
Invention de la modulation par déphasage (H. Chireix)
Décret – Loi fixant le statut de la radiodiffusion.
Fondation du laboratoire national de radioélectricité.

1927

Lampes de réception à grilles multiples.
Production d’ondes centimétriques par lampe à grille positive.
Commande par radio des canons de brume sur 3 m.
utilisation du quartz piézoélectrique comme étalon de fréquence.

1928

Apparition du Haut Parleur électrodynamique.
Première normalisation S.P.I.R. des pièces détachées.

1929

Premier récepteur Français de télévision à tube au néon donnant une image de 40 X 30 cm
Vulgarisation des postes secteur.
Avènement des lampes à grille-écran.
Apparition de la commande unique sur les récepteurs radio.
Première liaison par onde dirigée sur 15 cm.
Étude de l’ionosphère.

1930

Radiogoniomètre sans effet de nuit (Serre).
Apparition de la ligne coaxiale.
Première condamnation d’un particulier producteur de parasites par le tribunal
d’Arras.
Apparition des postes valises et transportables et des postes-automobile.

1931

Première liaison multiplex par faisceau Lympne St Inglevert sur 17cm.
Inauguration du centre émetteur à ondes courtes de Pontoise.
Radio Paris passe à 80 KW.
Premier congrès de défense contre les parasites.

1932

Première émissions régulières de télévision par radio PTT.
Le plan Ferrié des émetteurs radio diffusion.
Mort du Général Ferrié.

1933

Le nombre de récepteurs radio vendu en France atteint 450 000
Mise en service de l’horloge parlante.
Institution de la taxe sur la radiophonie et fixation du statut de la radiodiffusion.
Service radiotéléphonique France Algérie.
Premier recensement des auditeurs déclarés en France à 1 087 000
La protection radioélectrique est instituée par décret.
Première utilisation des radiosondages météorologiques.

1934

Le premier radar Français est installé en Normandie.
Apparition de la contre réaction à basse fréquence.
Apparition de la télévision à haute fréquence.
Réglementation antiparasite.
Téléphonie sous marine par ondes ultrasonores.
Vulgarisation des unités logarithmiques décibel.

1935

Introduction de la triode hexode dans les superhétérodynes.
Balisage radioélectrique de la ligne aérienne Angoulême – Bordeaux sur 7.60m.
Début des émissions de la tour Eiffel sur 206 m.
Première émission de télévision de Paris-PTT.
Utilisation d’émetteur récepteurs métriques pour avions. ( 3.60 à 4.70m)
Des postes-auto équipent 5000 taxis Parisiens.
Présentation d’un récepteur à accord automatique au salon de la TSF à Paris.
La station de télévision de la tour Eiffel passe à 30 KW sur ondes métriques.

1936

Liaison radiotéléphonique bilatérale et secrète France Etats-Unis.
Définition de l’image de télévision à 441 lignes.
Utilisation de la signalisation ferroviaire ferroviaire.

1937

Exposition au salon international de 1937 d’une télévision haute définition
avec un écran de 1m²
Mise en service d’un car de radio-reportage de la radiodiffusion nationale.
Mise au point d’une lampe d’émission de 350 KW. (S.F.R.)
Radiotéléphonie à bande latérale unique. (BLU)
Mise au point d’une triode de 1 KW par la S.F.R.

1938

Etude de télescopes électroniques.
Normalisation S.P.I.R des bobinages et condensateurs variables.
Penthode d’émission de 30 KW. mise au point par la SFR.
De nouveaux tubes font leurs apparitions: Octodes, penthodes à pente variable,
diode-penthode, triple diode, indicateur cathodique, cadran à bandes étalées.
Normalisation des essais de récepteurs.
Normalisation des émissions de télévision fixés pour 3 ans.
Liaison radiotéléphonique duplex en onde métriques par la SFR.
Commande des récepteurs par boutons poussoirs breveté par Philips.

1939

Service bélinographique entre Paris, New- York et Buenosaires.
Cinquantenaire de la tour Eiffel.
Nouveau laboratoire national de radioélectricité à Bagneux.
Essais de guidage d’atterrissage sans visibilité à Toulouse.
Essais de la modulation amplitude phase.
5 millions d’auditeurs radiodiffusion en France.
Normalisation de couleur des bobinages des blocs d’accord.
Construction des tubes “tout verre”
Mise en service du premier émetteur à ondes courtes à Allouis (100 KW)

1940

Mort de Edouard Branly et du professeur D’Arsonval

1941

Mise en service du réseau d’émetteur synchronisés sur 776 Khz
La France possède les émetteurs les plus puissants du monde sur ondes courtes à
Allouis et Issoudun avec 145 Kw sur 49 m.
Apparition de la modulation de fréquence.

1942

Utilisation de la contre réaction sur les émetteurs de radiodiffusion.
Emploi de cavité résonnantes sur les émetteurs.
Contrôle radioélectrique du trafic sur la méditerranée jusqu’au Niger.

1943

Institution du label professionnel des récepteurs de radiodiffusion.
Application de la modulation de fréquence à la radiogoniométrie, au balisage à
l’altimètre et à la détection des obstacles.

1944

Démonstration de la stéréophonie à deux voies

1946

Mise en service d’un radar pour la marine marchande.

1948

Etude d’un bruit radioélectrique d’origine Extra terrestre

1949

La télévision française passe au standard de 819 lignes

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Comment fonctionne un poste à galène?

Poste à galène
Minéral de galène

La galène est un minéral très répandu sur notre planète.

 C’est du sulfure de plomb, mais on peut dire plus simplement que la galène, c’est du plomb à l’état naturel.

L’action du détecteur à galène est très simple sur un récepteur radio. Elle se comporte comme une diode et elle supprime la partie négative de l’onde radio.

Détecteur à galène

Un condensateur situé après la galène va filtrer ce qui reste du signal, la partie positive de l’onde, en ne conservant que le son qui sera envoyé dans les écouteurs.

Les ondes radio

Détecteur à galène

La galène, c’est l’ancêtre de la diode, utilisé à une époque ou les composants électroniques n’existaient pas encore.  

Ce n’est pas le seul minéral utilisé pour recevoir les ondes radio. 

Plusieurs minéraux métallifères peuvent également avoir plus ou moins le même effet sur les ondes.

La blende (zinc), la pyrite (fer), la zincite (autre minéral de zinc) etc.

La Zincite se trouve généralement dans les résidus des fours métallurgiques, elle est rare dans la nature. 

La galène était néanmoins reconnue pour être le meilleur matériau pour détecter les ondes radio, sans compter qu’elle était très rependu et bon marché.

Samuel Finley Breese Morse

D’après Wikipédia, Samuel Finley Breese Morse était un scientifique américain, développeur d’un télégraphe électrique et d’un alphabet qui portent tous deux son nom, né le 27 avril 1791 à Charlestown dans le Massachusett et mort le 2 avril 1872 à New York. Il était aussi peintre.

Sauf qu’il n’a jamais été un scientifique.

En réalité, il était peintre avant tout, mais passionné par les sciences et la découverte de l’électricité. 

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Diplômé de l’université Yale, il devient peintre et fonde la National Academy of Design de New-York en 1826 , destinée à faire connaître l’Art américain.

Passionné de physique et surtout fasciné par l’électricité, il imagine que la transmission d’un message pourrait s’effectuer très rapidement si l’électricité était utilisée comme transporteur. 

Il réfléchit à la transmission du signal sous une forme appropriée à la télégraphie électrique. 

Pour l’élaboration de son alphabet qui servira à communiquer, il part d’un principe simple mais qui met en évidence son génie.

Il eut l’idée de consulter un imprimeur pour connaître les lettres les plus utilisées. 

L’idée est de coder les caractères fréquents avec peu de signaux, et à l’inverse de coder avec plus de signaux les caractères qui reviennent plus rarement. 

Le premier codage prend en compte les points, les traits et les espaces entre les caractères.

Celui-ci avait pour défaut de produire beaucoup d’erreurs.

Alphabet Morse

Chaque pays commence à l’adapter en fonction de son langage mais très vite des problèmes de compréhension se posent. 

Une évolution plus simple retire les espaces longs entre les signaux et les espaces deviennent tous identiques.

Il devient un point, un trait qui est égale à 3 points et l’espace entre chaque signaux qui est égale à un point.

Les 26 lettres sont toutes codées avec 4 signaux, les chiffres avec 5 signaux et les caractères spéciaux ainsi que la ponctuation avec 6 signaux.

Cette version est harmonisée pour que tout le monde utilise le même code..  Elle sera conservée comme version internationale à partir de 1838. Il semblerait que cette version soit le fruit du raisonnement de Alfred Vail bien que cette information ne sera divulguée que des années après sa mort et aucun écrit ne confirme ces propos.

En parallèle, le développement du télégraphe ne va pas sans mal. Beaucoup de difficultés surviennent pour parvenir à communiquer sur de grandes distances. Il faudra trouver la bonne tension pour que la perte induite dans les câbles permettent quand même aux messages d’arriver à destination. Un des problèmes majeurs est qu’aux Etats Unis la tension du réseau est en courant continue enfin c’est la tendance car en 1938 / 40 c’est le début du réseau électrique au USA. Pour couvrir de grandes distances il faut faire appel à des batteries et des relais qui amplifient le signal et on sait aujourd’hui que le courant continue génère de grandes pertes dans de long câbles. 

Télégraphe de Samuel Morse

Afin de trouver des fonds nécessaires au développement de son télégraphe, Samuel Morse  s’associe avec son assistant  Alfred Vail, fils d’un riche  propriétaire d’un grand atelier de mécanique pour pouvoir financer et présenter son travail. Mr Vail n’est pas qu’un riche partenaire de l’invention du télégraphe, il va y prendre une part importante puisqu’il est tout aussi passionné que Morse. Le brevet du télégraphe est déposé en 1840.

   En 1843, Samuel Morse obtient du Congrès américain un financement de 30 000 dollars, la première ligne entre Baltimore et Washington. Le premier message est envoyé le 24 mai 1844.

Très vite les lignes se déploient partout au USA et en Europe. Elles sont généralement installées le long des voies ferrées sur des poteaux en bois de 6 à 8 m. de haut. 

Samuel Morse

Les opérateurs s’améliorent très vite et pour gagner du temps, ils décodent les messages à l’oreille. Le message était transcrit sur une bande de papier qui était marqué par un stylet actionné par un électro-aimant. La bande de papier défile sur une bobine entraînée par un ressort qui rappelle le mouvement d’une pendule mécanique.

Pour éviter de reprendre les bandes de papier et de déchiffrer le messages pour le transcrire en clair, les opérateurs comprennent le code d’après les cliquetis du télégraphe. Cela s’appellera plus tard la lecture du son. 

Sounder télégraphique

A cette époque les haut-parleurs n’existaient pas encore et seuls les bruits mécaniques peuvent transmettre un son d’où l’idée du Sounder qui est un électro-aimant disposé en sortie du télégraphe pour générer un cliqueti au rythme de la télégraphie qui parfois est amplifié par une tôle à l’arrière qui “renvoie” le son vers l’avant et fait office de petite caisse de résonance. . 

Le manipulateur Morse comme nous le connaissons aujourd’hui a été mis au point par Albert  Vail. Celui-ci permet une manipulation aisée du code et surtout une facilité d’adaptation à tout opérateur. Bien entendu, tout au long des décennies il y a eu beaucoup de versions et d’adaptations, mais je tiens à vous parler d’un petit détail qui en dit long sur les conditions d’utilisation de l’époque. 

Électriquement un manipulateur Morse est un simple contact qui ouvre et ferme le circuit. 

Dans certaines configuration, la tension du réseau télégraphique était tel que lors de la manipulation du message, des étincelles se faisaient sous les doigts des opérateurs. A une époque dans les administrations US les opérateurs étaient des opératrices. Pour protéger leurs doigts une petite rondelle a été ajoutée sous le bouton du manipulateur donnant cette forme aujourd’hui caractéristique mais qui avait une réel utilité.

La tension du réseau télégraphique en France était aux environs des 80 à 90 V.  Les surtensions étaient fréquentes et de cause diverse, mais il fallait faire attention à ne pas toucher certaines pièces lors du fonctionnement du télégraphe.

En 1856, la France qui utilise le télégraphe optique de Claude Chappe adopte le télégraphe électrique de Samuel Morse. Les deux systèmes vont cohabiter pendant environ 60 ans sur certaines lignes.

D’autres modèles de télégraphes plus ou moins fiables vont être développés mais le code Morse restera jusqu’à nos jours le code universel utilisé par tous les pays. 

Collection de manipulateurs télégraphiques

Avec l’arrivée de la TSF le code Morse va connaître un nouvel essor car les transmissions ne seront plus soumises à la contrainte des lignes filaires.

Je vous rappelle qu’à l’époque des premières transmissions radio, TSF  signifie Télégraphie Sans Fil. Quelques années plus tard, cela deviendra Transmission Sans Fil. 

 Le signal télégraphique va devenir sonore avec une tonalité comprise  aux alentours de 700 Hz. Cette sonorité est définie pour être entendue et différenciée facilement des bruits et parasites du aux radiofréquences.  

En télégraphie militaire, un opérateur doit décoder deux types de codes en plus du code Morse.

Il s’agit du code Q et du code Z. Le principe est simple, gagner en vitesse en réduisant à 3 caractères une phrase complète:

QNH ?   = quelle est la pression atmosphérique?   

QNH … = La pression atmosphérique est de ….

QSL?    = avez vous reçu / compris  mon message ? 

QSL      = j’ai bien reçu / compris votre message.

ZBK?  = Recevez vous correctement mes signaux?

ZBK    = Je reçois correctement vos signaux

ZSF?  = Pouvez vous transmettre plus lentement?

ZBF  = Je transmet plus lentement

Un opérateur militaire doit décoder entre 20 et 40 mots par minute. 

Sources :

  • Télégraphes et téléphones de Valmy au microprocesseur, Librairie Générale Française.
  • Le patrimoine français des télécommunications, Flohic éditions.
  • Manuel d’électricité du gradé radiotélégraphiste, Ct H. Adeline.
  • La Télégraphie moderneH. Schwab
  • Pratique du code Morse,  L. Sigrand (F2XS)

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Titres bancaires radio

Parmi les pièces originales sur la radio et les communications, ces documents ont certainement la première place. 

Il s’agit de titres bancaires qui à une époque valaient beaucoup d’argent.

C’est grâce à Etienne Barbot, un de nos membres bienfaiteur que nous sommes en possession de ces pièces historiques incroyables.

Un immense merci à Etienne Barbot pour ces pièces remarquables qui d’ordinaire auraient dû finir au fond d’une archive bancaire et peut être à la destruction.

Ils reflètent une partie de l’histoire de ces entreprises qui ont fait la renommée de la radio et le savoir-faire français. 

Voici les documents:

Obligation de cinq cent francs au porteur
La téléphonie Française
Etablissements industriels de E-C. Grammont er de Alexandre Grammont
Société des lampes Fotos
Américan téléphone and télégraph company
Pathéphone - Exploitation
Finextel
Finextel - action au porteur
Finextel - action
Codétel
Société internationale des phonos-films

80° anniversaire de la Rafle de la Rapine

Reconstitution d’une émission clandestine des transmetteurs de la Résistance

équipe de la route des ondes pour la reconstitution historique de la Rapine.

En 1940 les services de transmissions de la Tour Eiffel et les divers moyens de radiocommunications sont rapatriés en Auvergne entre Clermont-Ferrand et Vichy. En particulier, une quantité importante de matériel (émetteurs, récepteurs, véhicules, réserves de carburant) est transférée à la Rapine, une grande ferme de la commune de Saint Jean d’Heurs (Puy-de-Dôme).

Cette « ferme modèle »  des années 1925 a été construite par un riche industriel lyonnais, Monsieur Maréchal, qui hélas va décéder en 1930. Le projet s’en trouva contrarié malgré la reprise par sa veuve et les héritiers. En 1940 il y avait donc de nombreux bâtiments disposés autour de la cour intérieure.

Citroën traction
Reconstitution d'une liaison clandestine de la résistance Saint Jean d'Heur (63)

Le site sera occupé normalement jusqu’en 1942, date de franchissement par l’armée d’occupation de la ligne de démarcation.

Les civils et les militaires s’y établirent et des interférences furent organisées pour la radio clandestine (réseaux O.R.A et MIHTRIDATE) mais les Allemands s’en aperçurent et le 9 juillet 1943 une irruption de la Gestapo aura pour conséquence l’arrestation de nombreuses personnes.

La Résistance fut ainsi privée de moyens de transmissions et des techniciens dont elle avait pourtant un énorme besoin. Beaucoup de ceux qui seront arrêtés connaîtront la prison ou la déportation après un passage à la Kommandantur de l’avenue de Royat à Chamalières.

arrivé et départ de l'équipe
Reconstitution d'une liaison clandestine de la résistance - arrivé de l'émetteur clandestin

En dehors des services de transmissions, la ferme était aussi occupée par des réfugiés ardennais (famille Dupont) et par les anciens ouvriers agricoles, qui subirent aussi, pour certains, la prison, la déportation et des exécutions sommaires.

A l’occasion du 80eme anniversaire de cette rafle, les Associations Route des Ondes, Route des Musées de l’Électricité, de la Radio et du son en Auvergne-Rhône Alpes, C.I.R. Carrefour International de la Radio et le musée de la radio et des communications organisent la reconstitution d’une opération de transmission des résistants en direction des services du Général De Gaulle à Londres.

Des modes opératoires comparables étaient également mis en œuvre à l’initiative des autorités françaises repliées à Alger (implication des Merlinettes dont la mémoire est au cœur de l’œuvrée de Monsieur Jean-George Jaillot-Combelas.

Reconstitution d'une liaison clandestine de la résistance - mise en place de l'émetteur clandestin
Reconstitution d'une liaison clandestine de la résistance - livraison du quartz

La reconstitution se déroulera le dimanche 25 juin 2023 dans une grange située à proximité de la Mairie de Saint Jean d’Heurs à 10H.

Selon la documentation existante le déroulement éminemment sécurisé à l’époque sera le suivant :

– Livraison avec une Traction et installation de l’une mallette radio d’époque en état de fonctionnement ainsi que de l’antenne ; Le matériel avait été à l’époque parachuté en amont et récupéré par les Résistants locaux ;

– livraison par une personne en vélo du quartz permettant la diffusion du message sur une fréquence secrète ;

– Arrivée du transmetteur qui envoie rapidement le message télégraphique en morse ; la réception en Angleterre sera confirmée avec le concours des radioamateurs anglais ;

– Retour rapide du premier officiant en Traction qui démonte et évacue le matériel.

Ces opérations avaient lieu à l’époque en nocturne pour des raisons de sécurité et pour bénéficier d’une meilleure propagation des ondes radios sur les fréquences utilisées. La reconstitution ayant lieu en plein jour ne sera pas dans les meilleures conditions. Elle aura de toute façon un intérêt documentaire pour rappeler la mémoire de ces transmetteurs dont beaucoup ont payé de leur vie leur engagement.

Reconstitution d'une liaison clandestine de la résistance
Valise de la résistance WWII

Vidéo de la reconstitution

Annuaire de la radiodiffusion nationale 1933

Cet ouvrage extraordinaire de 1933 publié à seulement 100 exemplaires est certainement une rareté aujourd’hui. 

Il a été préfacé par Mr Laurent Eynac Ministre des postes et télégraphes en 1933.

Les premières pages sont réservées aux personnalités gouvernementales et parlementaires qui ont participé au développement de la radiodiffusion en 1932. Leurs actions y sont détaillées individuellement.
Ensuite c’est l’organisation de la radiodiffusion nationale qui est expliquée avec une description du réseau national des émetteurs grandes ondes et ondes moyennes.

Page 59, l’histoire de la station de Bordeaux lafayette PTT. est exposé illustré avec quelques photos.

De nombreux chapitres abordent la réalisation des programmes radio, les pièces de théâtre, la diffusion des concerts et même les premiers films radiophoniques qui commencèrent timidement en 1933. Parfois, les détails techniques sont abordés de manière très précise avec quelques schémas qui facilitent grandement la compréhension.

La radio et l’école sont également traitées dans un gros chapitre de plus de 40 pages, cela était un sujet qui allait prendre beaucoup d’importance en 1933.

Et enfin sur la fin du livre plusieurs gros chapitres abordent la réception et la radio coloniale, un reportage au mont blanc pendant une expédition et bien sur la liste des radios qu’il est possible d’écouter en France.

Un ouvrage particulièrement intéressant qui traite de la vie en France à travers la radio.