Histoire de la radio : Le Général Ferrié et ses Découvertes

 

Voici une suite du sujet sur l’histoire de la station télégraphique de la tour Eiffel et les travaux du Général Ferrié.

Une suite et pas la suite, parce qu’il y a tellement de choses à dire sur une période de 20 à 30 ans après la Première Guerre mondiale qu’il faudra traiter les sujets en plusieurs fois.
Les recherches et bien sur les découvertes s’enchaînent à un rythme effréné pour continuer à faire progresser la technologie de la radio et des communications. Si au début du vingtième siècle communiquer sans fil paraissait pour le commun des mortels improbable, voici que 30 ans plus tard, on lui dit que les ondes radio rebondissent sur les différentes couches de l’atmosphère. Si aujourd’hui ce phénomène est bien connu, et même utilisé, la découverte de cet effet n’a pas été simple à démontrer.

Pour rappel, dans les années 1920, les premiers émetteurs à lampes font leur apparition et ils vont détrôner les émetteurs à arc trop gourmand en énergie. Il faut une puissance colossale pour alimenter ces émetteurs alors que les émetteurs à lampes utilisent moins d’énergie, même si cela reste important. L’optimisation des installations aidée par les dernières découvertes scientifiques vont permettre de mieux comprendre les ondes radioélectriques et de mieux les maîtriser.

S’il fallait encore présenter le Général Ferrié, il s’agissait d’un militaire qui a développé la radiotélégraphie pour les besoins en communications de l’armée française. Ferrié est diplômé de l’École Polytechnique. Il a dirigé l’école de télégraphie militaire et l’école d’application de l’artillerie et du génie. C’est à lui que nous devons la station télégraphique de la tour Eiffel et bien d’autres choses encore. Dans le domaine des radiocommunications, il a fait de nombreuses études et découvertes. Il a participé à de nombreux échanges avec des physiciens qui étudiaient les ondes radio. C’est d’ailleurs lors d’une conférence qui s’est tenue fin de l’année 1930 pour des ingénieurs civils qu’il a dévoilé la situation et l’évolution de la radio.

Maquette de la station de la tour Eiffel
Maquette de la station de la tour Eiffel

Il a commencé par faire le point de tous les éléments terrestres, atmosphériques et cosmiques qui peuvent influer sur la propagation des ondes radio.
Selon lui, la basse atmosphère, dans la limite de 25 kilomètres, est soumise à d’importants échanges thermiques, la terre rayonne jusqu’à une calorie par mètre carré et par minute, déperdition compensée par une chaleur qui provient des émanations du radium et du thorium des couches terrestres superficielles.
Ce sont ces émanations qui ionisent l’air par agglomérations des particules de poussière ionisées. Dans les hautes couches de l’atmosphère, le rayonnement solaire arrive très riche en rayons ultraviolets qui sont absorbés par la couche d’ozone dont la présence a été révélée par l’étude des spectres lumineux et a été confirmée par les expériences de M. Maurain en 1929.
Le Général Ferrié précise que les connaissances de l’atmosphère en 1930 sont encore incomplètes puisqu’il reste des phénomènes inexpliqués.

Selon Ferrié, les ondes se propagent de deux façons. Je vous livre ses propos tel quel sans modification ni complément issus des connaissances modernes.

Premièrement, la propagation se fait par glissement à la surface du sol, mais avec une portée limitée à quelques kilomètres.
Deuxièmement, dans la haute atmosphère, par réflexion sur la zone ionisée de la partie supérieure. Cette couche, étant conductrice, fait obstacle au passage des ondes qui fait réflexion du rayonnements en direction du sol. Laquelle les réfléchit à nouveau vers le ciel, faisant ainsi le tour de la terre par rebond successifs.

Il précise aussi que la hauteur de la couche réfléchissante semble varier avec la longueur d’onde et les ondes ionisées ont une fréquence de résonance qui leur est propre ce qui complique le phénomène.

Evolution des communications sur ondes courtes

Il est un mythe souvent repris par les radioamateurs qui se targuent d’être à l’origine de la découverte des ondes courtes. Ce n’est pas tout à fait vrai, il faut nuancer cela.

L’état qui dominait le monde des utilisateurs de fréquences, connaissait déjà ce que permettaient les ondes courtes, et même les VHF à la fin des années 1920 1930.
L’utilisation de ces bandes ne les intéressait pas à cette époque, c’est d’ailleurs pour cela qu’elles ont été laissées à l’utilisation des radioamateurs.

Le général Ferrié avait un lien particulier avec tous les secteurs des communications et les radioamateurs aussi. Il gardait un œil sur ce qu’ils faisaient et il n’hésitait d’ailleurs pas à les conseiller au travers de publications dans les revues spécialisées ou de conférences.
Pour le Général, cela lui permettait d’être informé sur ce que d’autres expérimentent afin de voir si des applications étaient utiles pour les besoins en communications de l’armée.
Ne voyez pas cela comme une surveillance malsaine ou de l’espionnage, mais plutôt comme un échange des savoirs et des connaissances avec les radioamateurs, parce que c’est bien ainsi que cela se faisait à l’époque. C’est ce que démontrent les nombreuses correspondances écrites qu’a eues le Général avec notamment le réseau des émetteurs Français, association nationale des radioamateurs.
Pour revenir à la conférence de Ferrié de la fin 1930, voici un condensé de ses propos sur les ondes courtes et au-delà.

Depuis l’invention de la lampe à 3 électrodes (la triode) il est plus facile de revenir sur les ondes courtes avec une puissance réduite. Celles-ci subissent des irrégularités de transmission provenant de la non-concordance de leurs ondes avec la résonance de la zone ionisée de réflexion ou par suite de la rencontre avec des nuages ionisés. L’emploi de réflecteurs de “ces petites ondes” (les ondes courtes) effectué par Messieurs Mesny et Chirex, remédie à ces irrégularités, et l’on obtient ainsi des liaisons lointaines avec seulement quelques dizaines de kilowatts, pour des longueurs d’ondes comprises entre 30 et 20 mètres. Une limite cependant a été observée vers les 12 mètres qui marquait un arrêt total des transmissions. Des essais effectués sur des ondes de 3 mètres ont, toutefois, donné des résultats satisfaisants à distance faible, comme entre la France et la Corse. Mais elles se transmettent à la surface du sol d’un point à un autre et, comme la lumière, sont arrêtées par tous les obstacles terrestres. Par contre, elles sont totalement indifférentes aux perturbations atmosphériques, même aux violents orages.

Enfin, des essais en laboratoire ont porté sur des ondes dans l’infrarouge, ou les utilisations de type barrages non-visibles contre les infractions par exemple peuvent être très utiles.
La puissance énorme des rayons “ultra pénétrants” constatés dans notre atmosphère laisse supposer que nous avons encore beaucoup à apprendre dans l’étude des courtes radiations.

Voilà où en étaient les connaissances à la fin des années 1930 sur les ondes radioélectriques.
Le cycle solaire d’une décennie était également connu puisqu’il a été aussi mentionné dans les écrits du Général.

Je terminerais par une autre nuance, les radioamateurs de l’époque étaient pour une très grande majorité des gens très instruit et avec des connaissances poussées dans le domaine de la physique et de l’électricité. Rien à voir avec l’activité radioamateur moderne ouverte à tout un chacun qui s’intéresse à la radiocommunication. Bien sûr, nous bénéficions du savoir qu’ont découvert les générations de chercheurs et expérimentateurs qui nous précèdent, mais il est difficile de faire une comparaison entre nos deux époques.

Conclusion

Le Général Ferrié et ses contemporains qui ont œuvré dans le développement que nous leurs devons aujourd’hui sur les communications et au sens plus large, l’utilisation des radiofréquences, étaient de grands savants, mais ils faut quand même préciser une chose importante, ils savaient communiquer entre eux pour échanger des connaissances et ainsi permettre à la radio d’évoluer. La communication était ouverte à tous les milieux, scientifiques, techniques, professionnels et amateurs. C’est bien connu, l’union fait la force.
De mon point de vue aussi modeste soit-il, en parcourant les nombreux documents qui me permettent de vous livrer ses textes, je note que les différents acteurs de cette époque étaient avant tout des gens simples qui, malgré leur statut social, leurs fonctions importantes et leurs responsabilités ne se prenaient pas pour des êtres supérieurs et partageaient volontiers leurs connaissances. Et je pense qu’avant tout, c’est pour cela qu’ils ont fait de grandes choses et de grandes découvertes. Finalement ne serait-ce pas cela la compétence?

RAD n°1 première année (1931) édition Dunod L.D. Foucault

Livre “Le siècle de la radio” J-C Montagné.

Livre “La télégraphie sans fil” par A. Berget

Livre “La télégraphie sans fil et les progrès dans la TSF” par Lucien Fournier

Archives militaires, musée des armées de Paris.

La radio industrie

Restauration du récepteur n°35 de 1923

Récepteur Radio-industrie n°35 restauré
Récepteur Radio-industrie n°35 restauré

Récepteur de la collection Clerfeuille n° d’inventaire CC-11-2025

À l’origine, il n’était pas prévu de faire un compte-rendu public de cette restauration, mais comme il ne reste que très peu de traces des appareils de cette marque, j’ai eu l’idée de laisser quelques informations sur Internet. C’est également pour cela que la grande partie de cette vidéo sera faite sur des photos. Je vous en parlerais plus en détail plus loin.

Profitant de la période hivernale ou le musée est fermé au public, j’ai entrepris de restaurer cet appareil que je trouve magnifique. Il est vrai qu’aujourd’hui les postes de cette marque sont très rares, mais il en reste quelques modèles chez les collectionneurs qui, par chance, les conservent précieusement.

L’histoire de ce modèle en particulier est spéciale, voilà pourquoi il me tenait à cœur de le restaurer, mais vous allez découvrir que ce n’est pas à moi que revient le mérite de ce travail. Je me suis contenté d’être la main qui a réalisé le remontage qui n’aurait pas été possible sans l’immense travail de recherche qui a pris presque 20 ans pour rassembler les informations nécessaires pour lui redonner vie.

Le dossier de ce poste comprend 103 pages, c’est très important pour la suite. 

Je souligne que si effectivement ce modèle est très joli extérieurement, il reste un modèle de moyenne gamme très peu élaboré dans son montage et pas du tout soigné comparé à d’autres marques de l’époque qui fabriquaient des appareils avec un câblage soigné. Ici, il n’en est rien, c’est du montage volant presque amateur, avec des composants achetés à d’autres marques pour certains et d’autres fabriqués sur mesure. Il n’empêche qu’il a existé et que sa restauration a donc été faite en respectant ce type de montage et autant que faire se peut en respectant la position des composants et bien entendu le schéma.

L’idée étant, comme toujours pour le musée de la radio, de présenter des appareils authentiques qui n’ont pas été modifiés ou améliorés.

Intérieur du poste modèle N°35
Intérieur du poste modèle N°35

Comme je vous le disais précédemment, le but de cette vidéo n’est pas de vous montrer pas à pas la restauration de cet appareil, cela n’a pas beaucoup d’intérêt. Je vous montre quelques curiosités quand même, mais l’objectif est de laisser des traces et surtout le schéma de ce modèle. Comme je vous l’ai dis, cette marque est aujourd’hui rare sur Internet, c’est donc juste pour partager les informations essentielles que j’ai à disposition. Je ne peux pas non plus vous dévoiler le dossier complet, parce qu’il y a beaucoup de correspondances et par respect pour les personnes et leurs familles, il n’est pas question de les rendre publics même s’il n’y a rien de personnel dans ces échanges. En revanche partager les quelques informations techniques, ce sera peut-être utile pour d’autres collectionneurs.

Ce récepteur est un modèle qui a été acheté en 1984 pour le prix de 900F.

Lorsqu’il reçoit cet appareil, il savait qu’il avait été modifié non pas par le propriétaire précédent, mais probablement entre 1930 et 1940. Le vendeur et l’acheteur avaient d’ailleurs échangé par courrier à ce sujet.

Ces recherches pour cet appareil ont duré de 1984 jusqu’à au moins 2002. Ces dates sont connues par des courriers échangés pour des renseignements et qui sont dans le dossier.

L’objectif en 1984 était donc de le remettre dans son état d’origine, sauf qu’à cette époque, il n’y avait à peine plus de documents qu’aujourd’hui, mais des collectionneurs qui échangeaient avec beaucoup de courtoisie sur leur passion.

Je ne souhaite pas dévoiler la fin maintenant, mais il est important de savoir que 90 % du travail a été fait par M. Clerfeuille qui pendant une vingtaine d’années a recherché les informations, rassemblé les composants et procédé à de nombreux essais. Malheureusement, il n’a pas eu le temps de terminer cette restauration et c’est donc moi qui ai la charge de finir ce projet. Cela n’a pas été simple, parce qu’il a fallu parcourir tout le dossier pour comprendre les démarches de mon prédécesseur afin de respecter son travail et l’état d’origine du poste. C’est donc avec beaucoup de respect et des choix parfois difficiles que j’ai avancé pas à pas pour reconstituer ce magnifique objet.

Par chance, extraordinaire, il a beaucoup documenté ses recherches et pour cause, cela s’est passé sur une vingtaine d’années, il aurait été compliqué de ne pas mettre par écrit ses réflexions. Mais elles ont néanmoins permis un remontage précis et respectueux du modèle.

La première chose importante qui a été faite en 1984, c’est un relevé minutieux du schéma avec des photos argentiques pour reconstituer ce qui a été modifié et ce qui reste d’origine. Malheureusement, comme on peut s’en douter, il ne restait pas grand-chose d’origine et la jolie caisse en bois a été percée pour ajouter des commandes. On ne peut pas en vouloir à celui qui a cherché à améliorer les performances de ce récepteur qui, je vous le rappelle, n’était pas d’une technologie très évoluée. D’ailleurs dans les correspondances, on retrouve un échange sur une deuxième version de ce modèle qui daterait de 1924 soit un an à peine après la sortie de celui-ci.

C’est justement sur le schéma du modèle de 1924 que celui-ci a été reconstruit, car les évolutions ont été minimes et c’est sur les commandes que celles-ci ont eu lieu. On le retrouve bien en comparant les photos du modèle d’un collectionneur qui a apporté une aide précieuse avec son propre modèle.

Comme il s’agit d’un modèle à réaction, la position des selfs fixes et mobiles n’ont pas été simples à retrouver. Comme vous pouvez le voir sur les plans réalisés à l’époque, il a fallu faire de nombreux calculs pour y parvenir.

Support de selfs du premier modèle

Avant d’aller plus loin, voici les documents qui serviront pour la restauration.

Il s’agit de photos d’un poste du modèle similaire, mais de la deuxième version de 1924 ce qui a considérablement aidé pour le projet.

Encore une fois, ça fait peu d’informations, mais c’est tout ce qu’il y a de disponible pour avancer et sans les nombreuses notes et échanges présents dans le dossier, il serait resté à l’état de boite vide puisque c’est ainsi que le musée en a pris possession en 2024.

Photos de poste
modèle d'origine
la publicité du modèle de 1923
la publicité du modèle de 1923
Photos argentiques 1984
Photos du RI n°35 dans le dossier
modifications du poste
Tout ce qui est encerclé de jaune est à supprimer.
vue de l'intérieur

J’estime la modification entre 1930 et 1940 d’après les composants utilisés.

schéma du RI n°35 de 1923

Il est équipé de 4 lampes TM qui réalisent l’amplification, la détection, et deux lampes pour la partie basses fréquences.

Les trous dans la caisse ont été adroitement rebouchés, je n’aurais certainement pas fait mieux, même s’ils se voient encore un peu. Fallait-il refaire une façade et le dessus ? Ça se discute. Dans le cas de notre musée, nous avons établi un protocole afin de respecter l’histoire et la représentativité du matériel. Pour tout appareil qui date d’avant 1945 la restauration doit être limitée au strict minimum.  Il faut intervenir avec parcimonie sur le matériel et dans le cas de ce modèle, refaire la façade complètement aurait peut-être été une solution acceptable si tout l’intérieur n’avait pas été modifié et donc à refaire. En tenant compte de cela, refaire l’intérieur plus la façade et le dessus, il reste trop peu de matière d’origine pour dire que le poste est d’époque. Cela aurait déclassé le poste en réplique et ce n’est pas notre but d’exposer des répliques. Donc il faut parfois prendre des décisions, pas toujours facilement d’ailleurs, mais c’est important.

Réparation de la caisse

Regardez le condensateur variable d’accord comment il a été fabriqué et répliqué sur la copie identique du modèle de référence. Il est constitué de deux plaques en laiton isolées par une feuille de mica. La vis centrale rapproche les plaques faisant ainsi varier la valeur capacitive.

Condensateur d'accord
CV d'accord
intérieur du poste pendant la restauration

Les composants utilisés en 1923 sont à peu près toujours les mêmes. Il n’y en avait pas beaucoup. On retrouve des selfs, des condensateurs, des résistances et des transformateurs.

Ces derniers sont d’époque, mais pas d’origine malheureusement. Les selfs du système à réaction sont neuves, la self du sélecteur est d’origine par contre. Les condensateurs fixes sont d’origine est constitué de feuilles de cuivre coincé entre deux morceaux de plastiques noir. Le condensateur variable est une reconstitution et enfin, les résistances ne sont pas d’origine parce que complètement absente.

Ce sont ces dernières qui m’ont finalement posé le plus de problème. Impossible de savoir dans les documents à quoi elles ressemblaient. Donc j’ai tout simplement regardé sur les postes à batteries de 1923 le type de résistances utilisées et j’ai remis les mêmes dans ce poste. Mais quand je vois les condensateurs, je doute que les résistances aient été équivalentes à celles que j’ai monté. Je suppose qu’ils avaient enroulé du fil résistif sur un mandrin en plastique et calculé à peu près la valeur dont ils avaient besoin. Ça devait coûter bien moins cher de se fabriquer les résistances nécessaires. Surtout qu’il y en a seulement deux !

Encore une fois, cela illustre bien le type de montage presque amateur qui a été fait sur ces modèles. Alors qu’à la même époque sur des appareils de marques concurrentes, on retrouve de vrais condensateurs et de vraies résistances.

Les informations sur la marque ont été trouvées sur DocTSF puisque c’est à ce jour la seule source d’information disponible.

C’était une petite entreprise parisienne qui n’a pas construit beaucoup d’appareils.

Son adresse de 1922 à 1934 était au 25 rue des Usines dans le quinzième arrondissement de Paris.

À partir des années 1930, environ l’entreprise décroche un contrat avec le ministère des armées et commence à réaliser des appareils militaires.

Elle aurait été absorbée par la société Thomson suite à des difficultés financières. 

Pour plus de détails, je vous suggère d’aller sur DocTSF.

La restauration a duré un mois et demi. C’est de loin le projet le plus intéressant et instructif que j’ai réalisé, même si mon travail ne s’est limité qu’à la partie remontage.

Reprendre le projet d’une personne qui a œuvré pendant 20 ans pour l’aboutissement de celui-ci n’est une chose simple. Surtout quand cette personne n’est plus là pour donner son point de vue et ses conseils. C’est avec beaucoup de respect et d’humilité que j’ai, chaque jour, assemblé les composants de ce poste. Il fallait respecter le montage d’origine et le travail qui a été fait au risque de ne pas pouvoir inclure cet objet a l’inventaire de la collection. Je n’étais pas sûr d’y parvenir, mais pour réussir cette mission, je me suis contenté de respecter à la lettre les instructions laissées par son propriétaire précédent. C’est un très bel appareil et une place de choix lui sera réservée sur les étagères du musée.

Il faut souligner que c’est une chance d’avoir un exemplaire de cette marque et cela est possible grâce aux collectionneurs passionnés, acharnés même qui ont reconstitué la partie technique de A à Z avec les informations qu’ils avaient à leur disposition. Je me permets donc de conseiller à tous les collectionneurs privés de documenter leur collection autant que possible, surtout les modèles rares, parce que peut-être qu’un jour cela permettra de conserver le souvenir d’une marque ou d’un modèle. Pour un musée, la documentation d’une collection est vitale, parce que le but n’est pas d’entasser du matériel sur des étagères, mais de conserver l’histoire qui va avec.

Radio Industrie n°35
Radio Industrie n°35 de 1923
Radio Industrie n°35 de 1923
M. Pierre Clerfeuille
M. Pierre Clerfeuille

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