
D’après Wikipédia, Samuel Finley Breese Morse était un scientifique américain, développeur d’un télégraphe électrique et d’un alphabet qui portent tous deux son nom, né le 27 avril 1791 à Charlestown dans le Massachusett et mort le 2 avril 1872 à New York. Il était aussi peintre.
Sauf qu’il n’a jamais été un scientifique.
En réalité, il était peintre avant tout, mais passionné par les sciences et la découverte de l’électricité.
Diplômé de l’université Yale, il devient peintre et fonde la National Academy of Design de New-York en 1826 , destinée à faire connaître l’Art américain.
Passionné de physique et surtout fasciné par l’électricité, il imagine que la transmission d’un message pourrait s’effectuer très rapidement si l’électricité était utilisée comme transporteur.
Il réfléchit à la transmission du signal sous une forme appropriée à la télégraphie électrique.
Pour l’élaboration de son alphabet qui servira à communiquer, il part d’un principe simple mais qui met en évidence son génie.
Il eut l’idée de consulter un imprimeur pour connaître les lettres les plus utilisées.
L’idée est de coder les caractères fréquents avec peu de signaux, et à l’inverse de coder avec plus de signaux les caractères qui reviennent plus rarement.
Le premier codage prend en compte les points, les traits et les espaces entre les caractères.
Celui-ci avait pour défaut de produire beaucoup d’erreurs.

Chaque pays commence à l’adapter en fonction de son langage mais très vite des problèmes de compréhension se posent.
Une évolution plus simple retire les espaces longs entre les signaux et les espaces deviennent tous identiques.
Il devient un point, un trait qui est égale à 3 points et l’espace entre chaque signaux qui est égale à un point.
Les 26 lettres sont toutes codées avec 4 signaux, les chiffres avec 5 signaux et les caractères spéciaux ainsi que la ponctuation avec 6 signaux.
Cette version est harmonisée pour que tout le monde utilise le même code.. Elle sera conservée comme version internationale à partir de 1838. Il semblerait que cette version soit le fruit du raisonnement de Alfred Vail bien que cette information ne sera divulguée que des années après sa mort et aucun écrit ne confirme ces propos.
En parallèle, le développement du télégraphe ne va pas sans mal. Beaucoup de difficultés surviennent pour parvenir à communiquer sur de grandes distances. Il faudra trouver la bonne tension pour que la perte induite dans les câbles permettent quand même aux messages d’arriver à destination. Un des problèmes majeurs est qu’aux Etats Unis la tension du réseau est en courant continue enfin c’est la tendance car en 1938 / 40 c’est le début du réseau électrique au USA. Pour couvrir de grandes distances il faut faire appel à des batteries et des relais qui amplifient le signal et on sait aujourd’hui que le courant continue génère de grandes pertes dans de long câbles.

Afin de trouver des fonds nécessaires au développement de son télégraphe, Samuel Morse s’associe avec son assistant Alfred Vail, fils d’un riche propriétaire d’un grand atelier de mécanique pour pouvoir financer et présenter son travail. Mr Vail n’est pas qu’un riche partenaire de l’invention du télégraphe, il va y prendre une part importante puisqu’il est tout aussi passionné que Morse. Le brevet du télégraphe est déposé en 1840.
En 1843, Samuel Morse obtient du Congrès américain un financement de 30 000 dollars, la première ligne entre Baltimore et Washington. Le premier message est envoyé le 24 mai 1844.
Très vite les lignes se déploient partout au USA et en Europe. Elles sont généralement installées le long des voies ferrées sur des poteaux en bois de 6 à 8 m. de haut.

Les opérateurs s’améliorent très vite et pour gagner du temps, ils décodent les messages à l’oreille. Le message était transcrit sur une bande de papier qui était marqué par un stylet actionné par un électro-aimant. La bande de papier défile sur une bobine entraînée par un ressort qui rappelle le mouvement d’une pendule mécanique.
Pour éviter de reprendre les bandes de papier et de déchiffrer le messages pour le transcrire en clair, les opérateurs comprennent le code d’après les cliquetis du télégraphe. Cela s’appellera plus tard la lecture du son.

A cette époque les haut-parleurs n’existaient pas encore et seuls les bruits mécaniques peuvent transmettre un son d’où l’idée du Sounder qui est un électro-aimant disposé en sortie du télégraphe pour générer un cliqueti au rythme de la télégraphie qui parfois est amplifié par une tôle à l’arrière qui “renvoie” le son vers l’avant et fait office de petite caisse de résonance. .
Le manipulateur Morse comme nous le connaissons aujourd’hui a été mis au point par Albert Vail. Celui-ci permet une manipulation aisée du code et surtout une facilité d’adaptation à tout opérateur. Bien entendu, tout au long des décennies il y a eu beaucoup de versions et d’adaptations, mais je tiens à vous parler d’un petit détail qui en dit long sur les conditions d’utilisation de l’époque.
Électriquement un manipulateur Morse est un simple contact qui ouvre et ferme le circuit.
Dans certaines configuration, la tension du réseau télégraphique était tel que lors de la manipulation du message, des étincelles se faisaient sous les doigts des opérateurs. A une époque dans les administrations US les opérateurs étaient des opératrices. Pour protéger leurs doigts une petite rondelle a été ajoutée sous le bouton du manipulateur donnant cette forme aujourd’hui caractéristique mais qui avait une réel utilité.
La tension du réseau télégraphique en France était aux environs des 80 à 90 V. Les surtensions étaient fréquentes et de cause diverse, mais il fallait faire attention à ne pas toucher certaines pièces lors du fonctionnement du télégraphe.
En 1856, la France qui utilise le télégraphe optique de Claude Chappe adopte le télégraphe électrique de Samuel Morse. Les deux systèmes vont cohabiter pendant environ 60 ans sur certaines lignes.
D’autres modèles de télégraphes plus ou moins fiables vont être développés mais le code Morse restera jusqu’à nos jours le code universel utilisé par tous les pays.

Avec l’arrivée de la TSF le code Morse va connaître un nouvel essor car les transmissions ne seront plus soumises à la contrainte des lignes filaires.
Je vous rappelle qu’à l’époque des premières transmissions radio, TSF signifie Télégraphie Sans Fil. Quelques années plus tard, cela deviendra Transmission Sans Fil.
Le signal télégraphique va devenir sonore avec une tonalité comprise aux alentours de 700 Hz. Cette sonorité est définie pour être entendue et différenciée facilement des bruits et parasites du aux radiofréquences.
En télégraphie militaire, un opérateur doit décoder deux types de codes en plus du code Morse.
Il s’agit du code Q et du code Z. Le principe est simple, gagner en vitesse en réduisant à 3 caractères une phrase complète:
QNH ? = quelle est la pression atmosphérique?
QNH … = La pression atmosphérique est de ….
QSL? = avez vous reçu / compris mon message ?
QSL = j’ai bien reçu / compris votre message.
ZBK? = Recevez vous correctement mes signaux?
ZBK = Je reçois correctement vos signaux
ZSF? = Pouvez vous transmettre plus lentement?
ZBF = Je transmet plus lentement
Un opérateur militaire doit décoder entre 20 et 40 mots par minute.
Sources :
- Télégraphes et téléphones de Valmy au microprocesseur, Librairie Générale Française.
- Le patrimoine français des télécommunications, Flohic éditions.
- Manuel d’électricité du gradé radiotélégraphiste, Ct H. Adeline.
- La Télégraphie moderne, H. Schwab
- Pratique du code Morse, L. Sigrand (F2XS)
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.