La Résistance en Haute-Loire : Histoire et Héritage

Dossier de recherche du Musée de la radio et des communications d’Auvergne

MZ  Zinnia 

Christophe & Martin Malescours

  Recherches de 2019 à 2026

Habituellement, nous traitons de l’histoire de la radio, mais cette fois c’est un peu différent puisque nos recherches sur l’histoire de la radio et des communications nous ont entraînés sur la période de la Seconde Guerre mondiale dans notre localité.  Cela nous tient à cœur pour des raisons évidentes, puisque cela nous touche directement. Nous recherchons des informations sur les transmissions clandestines de la résistance.

C’est toujours avec l’aide de Martin, étudiant en histoire à la faculté Jean Monnet de Saint Etienne, que nous avons fouillé les archives et récits historiques pour retracer ce qui s’est passé pendant cette période trouble.

Nous avons cherché des informations pendant 6 années pour compiler suffisamment d’éléments pour prétendre avoir une idée des actions de la résistance dans notre belle région. Le nombre de journées passées à consulter les archives départementales en salle de lecture ne se compte plus. Nous avons également compilé des témoignages d’habitants et consulté des textes d’historiens qui se sont intéressés à cette période.

Nous étions motivé par la curiosité et l’envie de comprendre cette période dont nous entendons parler depuis toujours. C’est grâce au travail d’un historien local, à qui je suis obligé de rendre hommage dans ce texte, que nous avons pu comprendre et trouver beaucoup d’informations fiables et sourcées. Ses recherches aujourd’hui déposées aux archives départementales restent  un témoignage précieux pour nous et tous ceux qui n’ont pas connu cette période trouble. La suspicion, les dénonciations, les règlements de compte s’ajoutent à l’horreur de la guerre et la peur de l’occupant, même en zone libre.

C’est une autre facette de la radio que nous abordons ici. Cela met en valeur  l’importance des communications pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela permet également de comprendre l’importance de la radio dans la vie des gens après la guerre. La radio est un outil de communication, mais n’oublions pas que ce sont des hommes et des femmes qui sont derrière. A cette époque, la radio était une source d’information très précieuse. L’envahisseur a bien essayé de la rendre muette, et de la contrôler avec la diffusion de sa propagande, mais heureusement les ondes ne s’arrêtent pas aux frontières.

Nous continuons de collecter des témoignages ou des documents liés à cette période. Si vous souhaitez partager vos connaissances, documents, témoignages, objets,  contactez nous au musée de la radio et des communications place du Monteil à Monistrol-sur-Loire.

L’histoire se passe dans la France profonde, dans la partie Est de l’Auvergne et en zone dite “libre” dans le département de la Haute-Loire.

La zone libre pendant la Seconde Guerre mondiale, ne signifie pas l’absence de l’envahisseur et la petite vie tranquille loin des zones occupées. La vie dans cette zone est soumise elle aussi aux restrictions alimentaires et aux réquisitions des cultures et parfois des biens.

Peut-être le pire qu’on peut imaginer, c’est le STO, service travail obligatoire pour tous les jeunes Français qui devaient aller travailler en Allemagne pour soutenir la collaboration avec les Allemands. Les jeunes du STO devaient permettre le rapatriement des prisonniers de guerre avec un ratio de 3 jeunes pour un prisonnier. C’est le gouvernement de Vichy qui a mis cela en place. 

Pour ceux qui ne le savent pas, le gouvernement français est délocalisé en zone libre à Vichy sous le commandement militaire du général Pétain.

C’est un régime martial et non pas un gouvernement démocratique. Voici deux phrases qui définissent la situation de ce régime ; “Tu fais ce qu’on te dit et tu es content de le faire sinon, c’est la prison”. “Réfléchir, c’est désobéir”.

Travail, famille et patrie voilà les 3 mots d’ordre de ce régime. Tous ceux qui ne pensaient pas ainsi étaient considérés comme des traîtres à la patrie ou des fauteurs de troubles. 

Non seulement, pour la plupart des Français, l’armistice de 1940 est une trahison de Pétain envers la France, mais le STO est une soumission absolue au régime Nazi.

On livre nos enfants à l’envahisseur comme de la vulgaire marchandise. 

Si les premiers à partir se disent qu’ils vont aller faire leur devoir et ensuite rentrer chez eux, le retour est abominable quand il a lieu. La maltraitance, le manque de nourriture, de structures d’accueil voire pire, la mort pour beaucoup. Pour les suivants, le départ au STO est beaucoup moins plaisant et dès que la convocation arrive par les gendarmes certains s’enfuient et se cachent pour y échapper.

Ce sont des jeunes pour la plupart qui sont réfractaires au STO, mais la tranche d’âge du recrutement était de 18 à 50 ans pour les hommes et de 21 à 35 ans pour les femmes célibataires. 

Comment peut-on mettre en place des choses pareilles ?

Ces réfractaires, comme on les appelait, se cachaient dans les bois ou dans des lieux reculés où personne ne passait. Beaucoup ont rejoint le maquis devenant ainsi la première main d’œuvre de la résistance. Ils étaient la plupart du temps soutenus par la population qui donnait des provisions et parfois des vêtements. Pour ne rien arranger, l’hiver en Haute-Loire à cette époque était très rude. Température glaciale, vent, humidité et beaucoup de neige rendaient les conditions particulièrement difficiles. Faire du feu pour se réchauffer est le meilleur moyen pour signaler sa position à l’ennemi ou même au voisinage. Les maisons abandonnées étaient de bons refuges et parfois, les voisins soutenaient ces fugitifs en partageant de la nourriture. Malheureusement, il y a aussi beaucoup de dénonciation et là, c’est le pire qui peut arriver aux réfractaires.

Malgré cela et avec beaucoup de courage, la résistance s’organise comme elle peut avec les moyens du bord. 

Il a existé plusieurs groupes de résistants issus des différents partis politiques dans l’Est de la Haute-Loire. 

L’armée secrète, le Front national, les FTPF et les indépendants. À partir de 1943, des leaders vont prendre la tête de ces groupes afin de les structurer et plus tard de former le MUR (mouvement uni de la résistance) pour faire des actions communes, se partager les ressources en armes et munitions et permettre une meilleure coordination. 

Cette expression est une association de langage militaire associée à une contraction du patois local.

MZ signifie en langage militaire Maquis Zone de parachutage.

Zinnia est une contraction d’Yssingeaux en patois Occitan propre à la localité.

Carte de l'Est de la Ht-Loire présence des résistants

Il y a beaucoup de mots contractés dans ce langage. Le patois était encore parlé dans les années 1980 et il est très probable que pendant la guerre, la majorité des habitants des zones les plus reculées de Haute-Loire n’utilisaient que ce langage qui est très local et change très vite. 

Yssingeaux est la sous-préfecture de la Haute-Loire et son canton s’étend sur tout l’Est du département.

Après s’être structuré grâce aux parachutages d’un encadrement militaire, la première difficulté pour ces maquisards sera de s’abriter et de trouver du ravitaillement. Chacun faisant appel à ses connaissances, c’est la débrouille qui leur permet de subsister en attendant de faire mieux. L’entraînement tient aussi une place importante dans les occupations de la journée. La première vraie mission de la résistance est le renseignement sur les mouvements de troupes ennemis sur le territoire afin de renseigner Londres. La distribution de tract est souvent réalisée, mais il faut rester discret.  Parfois, des petites missions de sabotages sont réalisées, mais sans matériel approprié, c’est difficile. Les communications se font généralement par courrier pour les demandes et par la diffusion des programmes de la BBC pour le retour. Parfois, mais plus rarement des communications téléphoniques permettent d’avoir des ordres, mais c’est dangereux à cause des écoutes. Les ordres de mission viennent de la Loire par porteur le plus souvent.

Les moyens de communications radio sur ondes courtes sont inexistants en France au début de la guerre. N’oublions pas que pendant la première guerre mondiale, le Général Ferrié développait la radiocommunication militaire, alors que bon nombre d’officiers préféraient encore le pigeon voyageur, au début de la seconde guerre mondiale, les moyens de transmission ne sont pas encore très étendu. Toujours heurté par les anti-progrès technologique, les communications sur le champ de bataille se font encore avec le téléphone de trancher relié par un câble. Seul le commandement dispose de moyen radiotélégraphique.

Les premiers émetteurs portatifs sont réalisés en Angleterre. Les ingénieurs qui développent en urgence du matériel de faible puissance facile à transporter et utiliser. Les premiers émetteurs font 5w et transmettent sur une plage comprise en 4 et 8 MHz.

La deuxième génération d’émetteur dispose d’une vingtaine de watts ce qui est plus confortable, mais demande aussi plus d’énergie.

Valise de la résistance MKII

L’utilisation de ce matériel pour communiquer avec Londres est vraiment utile, c’est pour cela que les Anglais forment des opérateurs radio, les équipent de postes émetteurs et les envoient en France. C’est le cas bien connu de “la Madone” Alias Diane, Virginia Hall de son vrai nom.

En novembre 1943, sous la responsabilité de Jean Bonnissol, 15 points de la résistance sont mis en place sur le secteur Yssingelais. Les 7 cantons étaient couverts et plusieurs maquis se trouvaient dans la zone proche du Lizieux. La dénomination des maquis se fait comme suit : MZ1, MZ2, MZ3, etc.

Je cite le texte de Gérard Bollon qui explique bien la situation :

Il faut ajouter, plus autonomes : Le maquis de Querrières installé au Château de Bonneville ; le maquis de Boussoulet, dirigé par J. Perrin et César Garnier, fondé début aoüt 1943 et qui dépend de l’AS de la Loire ; Le maquis F.T.P. de Vareilles et de Raffy, sur le versant Ouest du Meygal, qui porte le nom de “Wodli”, nom d’un secrétaire syndical des cheminots d’Alsace pendu par les Allemands.

Une vingtaine de maquis ont été identifiés avec certitude et leur fonctionnement est à peu près connu. D’autres ont été signalés, mais eurent une existence éphémère ou difficile à cerner : tel est le cas du maquis de Messingnac, au-dessus de Bessamorel, qui ne sera formé qu’après la libération ; Tel est aussi le cas du maquis créé par André Chouraqui dans le secteur de Chaumargeais.

Les 15 maquis MZ étaient formés et spécialisés pour la récupération des parachutages en plus de leurs missions habituelles.

Carte des maquis de l'Est de la Ht-Loire

Composition des maquis Zinnia

sous la responsabilité de Jean Bonnissol en novembre 1943.

Les lieux de planques des résistants

15 maquis MZ sont soutenus par Jean Bonnissol.

Les maquis AS (à la date du 25 octobre 1943)

Jaurence – Saint Julien du Pinet

Monibrand – Le Pertuis

Belistard – Araules

Faurie – Araules

La Bataille – Araules

Les Baraques – St Jeures

Le Pin – Tence

Le Soutour – Les vastres

Les Pignes – Mars

Champagnes – Les Vastres

Les Pennes – Les Vastres

Villelonge – Les Vastres

Champagnac – Fay sur Lignon

Chaumette – Beaux

Bonnefont – St Jeures

Maquis autonomes

Queyrières – Boussoulet  (AS Loire)

Vareilles (FTP Wodli)

Raffy (FTP Wodli)

Messinhac – Bessamorel

Chaumargeais – Tence

Les personnes importantes

Jules Valdener, son rôle et de réceptionner les recrues qui arrivent dans son safé et de les répartir entre les différents camps de l’A.S. (Il est le beau-frère de Jean Bonnissol)

Jean Bonnissol, son rôle est de gérer et de superviser les maquis A.S.

Dorcas (Jeanne Emma Dorcas Russier) propriétaire d’une auberge-épicerie rue Maréchal Fayol à Yssingeaux. Son rôle est d’orienter les jeunes, diffuser la presse clandestine, assurer la liaison et la correspondance entre les réseaux. Elle fournit également du ravitaillement aux réseaux et parfois héberge des réfractaires au STO.

René Bohrer, son rôle est de gérer et de superviser les maquis du FTPF.Emile Valla, à Villelonge, sa boulangerie servait de point de ralliement aux maquisards.

Virginia Hall, personnage clef.

Virginia Hall est Américaine, mais elle travaille depuis le début de la guerre pour l’intelligence au service de sa gracieuse Majesté, jusqu’au moment où les Anglais craignent pour sa vie. Elle était un excellent agent de renseignement et ne redoutait pas de s’exposer et d’ailleurs à au moins deux reprises elle a échappé de peu à l’ennemi qui l’avait repéré. Non seulement, elle faisait du renseignement, mais elle a également constitué plusieurs groupes de résistants à Lyon. 

À la suite de son départ de France pour échapper à l’ennemi, elle suit une formation d’opérateur radio. 2 ans plus tard, elle revient en France dans la région du Chambon-sur-Lignon où elle permet à la résistance d’obtenir de nombreux parachutages d’armes grâce à son émetteur radio. 

Virginia Hall utilisait le nom “d’opération Diane”. 

Sa vie d’agent du renseignement est incroyable.

Cette grande dame a joué un rôle décisif en Haute-Loire. Sans vouloir minimiser les actions de tous les résistants, Diane était affectueusement surnommée la madone par la population locale. Elle a obtenu un soutien matériel et technique important auprès de Londres pour que les maquisards puissent mener à bien leurs missions.

Diane aimait tellement la France, qu’elle la considérait comme sa deuxième patrie.

À son arrivée en Haute-Loire, elle prend contact avec le MUR pour rechercher des terrains et organiser des parachutages d’armes et munitions. Quelques missions coordonnées par Londres seront données aux maquisards de la région. 22 parachutages seront organisés sur différents terrains du secteur.

L’organisation était très complexe et il fallait être précis et attentif. En premier lieu tout part d’une demande de parachutage faite par Diane auprès de Londres. Une fois que celui-ci est programmé, pour prévenir le maquis de l’imminence de l’opération, ils devaient écouter l’émission de la BBC, les Français parlent aux Français le soir à 20h45. Un message court et défini à l’avance indiquait le terrain sur lequel le parachutage allait avoir lieu pendant la nuit. Cela avait toujours lieu à 2h du matin.

Les résistants chargés de la récupération devaient à la réception du message se rendre sur le lieu défini et mettre en place le balisage avec des lampes électriques pour que les avions puissent se guider. Ils utilisaient aussi une balise radio Euréka qui aidait les pilotes à s’orienter. Une lettre en morse optique identifie le terrain également au moyen d’une simple lampe électrique.

Voici quelques phrases qui préviennent les résistants d’un parachutage :

-Cette obscure clarté qui tombait

-Dans la plaine mais un bruit

-Le bon dieux de St Flour a bon appétit

Messages avec localisation des sites

Beauzac Indicatif radio (BBC) “Le beurre est fondu”

Villelonges   “Le toubib à un joli sac”  

                     “Le grand indien fume sa pipe”

Freycenet (Saint Jeure) “La soupe est chaude”

Planéze à Mézères “Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage”


Devesset “Tandem”   “Les poireaux sont longs et frisés

Messages pour  le débarquement

-Il a un habit couleur de billard

-Que dit la pomme d’api

-Rengainez vos baïonnettes en cas d’échec

Message indiquant la mise en sécurité de la statue de La Fayette

“La Fayette à pris le maquis” 

Rare photo de la résistance en Haute Loire
Rare photo de la résistance en Haute Loire

“Les Allemand brouillent, les Français se débrouillent”

La BBC est une station hostile au régime Nazi et n’hésite pas à diffuser des programmes pour soutenir le moral des Français. Le gouvernement de Vichy met en place une sanction pour ceux qui se font prendre à écouter les programmes non autorisés par une amende de 200 à 10 000 F et de 6 jours à 2 ans de prison.  

La BBC est difficile à recevoir en Haute-Loire à cause du relief, c’est la radio Suisse qui est la plus écoutée (émetteur de Sautance). Certains ont la possibilité d’installer de grandes et discrètes antennes pour capter les signaux Anglais. Le brouillage Allemand est souvent un gros problème aussi puisqu’ils utilisent les émetteurs de Bordeaux Lafayette qui lui, est très bien entendu en Haute-Loire.

écoute de la BBC pendant la guerre

Lorsque j’ai commencé les recherches pour ce sujet, j’avais une idée des procédures radios clandestines et de la manière dont elles se déroulaient pour avoir fait des recherches sur le maquis de Vassieux-en-Vercors. Je me suis rendu compte que cette utilisation de la radio clandestine n’était pas toujours identique.

Est-ce à cause de la région?

J’avais comme image la liaison télégraphique qu’il fallait la plus brève possible pour éviter les gonio redoutables de l’armée allemande et l’installation radio qui était la plus éphémère possible. 

En Haute-Loire, il y avait aussi les mêmes contraintes, mais pas pour tout le monde.

Aussi avec l’importante quantité d’informations sur le réseau radio de “Diane” on sait qu’elle passait beaucoup de temps sur sa position du Chambon-sur-Lignon, à écouter les diverses vacations et elle était souvent en contact avec Londres.

Bien sûr, elle changeait souvent de lieu pour éviter d’être repérée, mais peut être pas aussi souvent que ceux qui étaient installés proche des grandes villes et de la présence de l’ennemi. 

C’est peut-être pour cette raison que les parachutages ont été nombreux sur la région et souvent bien menés.

La recherche des émetteurs clandestins se faisait de plusieurs façons, mais 3 stations principales étaient toujours à l’affût de signaux interdits.

Les stations longues distances de Hambourg, Munich et Nantes ciblaient souvent la région, 

sans trop de résultats à cause du relief et de la diffraction des ondes. Ces 3 stations repèrent sans difficulté le triangle de recherche, mais les véhicules qui devaient ensuite affiner ces recherches se trouvaient confrontés aux conditions climatiques et aux reliefs de la région

qui rendaient difficile la localisation précise des signaux. Le triangle souvent repéré était ciblé entre le Mont Pilat, le Puy-en-Velay et le Mont Mézenc. Il est très probable que cette zone définie par les services d’écoutes allemands, soit à l’origine du fameux triangle de la Burle, invention d’un journaliste des années 1960 l’associant à une zone mystérieuse ou des phénomènes extraordinaires se produisent surtout avec les avions. Le seul vrai mystère de cette zone était la difficulté de localisation des émetteurs clandestins rendue compliquée par les montagnes. 

Les parachutages étaient en provenance de Londres pour l’Est de la Haute Loire et de Blida à Alger pour l’Ardèche.

Conteneur de parachutage pour la résistance

Le poids des conteneurs était important. Environ 145Kg au total, 45 Kg à vide et 100 Kg de matériel. Les évacués de nuit avec le risque de croiser une patrouille ennemie était éprouvant. 

La répartition du matériel devait se faire au plus vite et parfois, il partait loin puisque la résistance de la région lyonnaise s’est fait parachuter du matériel en Haute-Loire au moins une fois. 

Croix de Loraine symbole des résistants

Fin 1943, le sous-préfet d’Yssingeaux écrit “Pour le maintien de l’ordre public, il faut que tous les éléments louches de l’Yssingelais soient appréhendés.”

Le 25 Septembre 1943 à Yssingeaux, la Feldgendarmerie réunit 200 hommes sous la halle et arrête 4 hommes.

Le 5 octobre 1943 c’est au tour de Dorcas et Jean Bonnissol d’être arrêtés et 250 GMR attaquent les résistants FTP de Wodli à Vareillhette. 

Une lettre de dénonciation arrive au cabinet du préfet en date du 18 octobre 1943.

Cette lettre est signée par 9 personnes.

Depuis quelque temps, une bande de communistes soi-disant réfractaires du travail, est venue peu à peu s’installer dans la région du Lizieux et du Meygal.

De nombreux vols de récoltes, de légumes, de volailles ont été commis par ces indésirables. Sous prétexte de vouloir monter la garde, on les voit rôder dans les villages. 

Ils se vantent d’avoir des chefs, un certain Valdenet, coiffeur à Yssingeaux et un nommé Bonnissol, Beau-frère du précédent. 

Nous ne comprenons pas que ces deux individus puissent envoyer des gens aussi peu recommandables dans le pays…

Il existe un groupe à la Bataille, maison vacante Robert, commune d’Araules; un à Faurie maison Chambron, un à Belistard, Boussoulet lieu-dit de troussaire…

Les habitants ont constaté que les boulangers et les bouchers des environs leur donnent du pain et de la viande sans ticket.

Au nom de la population paisible de cette région, nous vous prions M. Le préfet de bien vouloir donner les ordres nécessaires pour faire disparaître ces indésirables de notre région au plus tôt.

Nous avons l’honneur d’être M. le Préfet vos très respectueux serviteurs.

Le 22 décembre 1943, un rapport du Préfet annonce: “le chef du maquis se fait appeler Prenat. Il loge à Boussoulet. Les maquisards logent à Raffy, Chazeaux et Les Baraques. Les ordres viennent de Saint Etienne et sont distribués au maquis les mercredis et samedis à Yssingeaux.

Le maquis est attaqué en janvier 1944 et la résistance est désorganisée. Les arrestations se poursuivent partout dans le département et la résistance est décapitée. Les représailles de la milice, le 22 avril 1944 c’est le secteur de Montbuza qui est visé.

André Valla assassiné par la milice en 1944
Marc Valla assassiné par la milice en 1944 à Chièze commune d'Araules

Les frères Valla André et Marc assassinés par la milice

Assassina de résistant au lieu dit Les Cayres
FTP

Assassinat de résistant au lieu dit “Les Cayres”

Mémorial de Chièze - Montbuza

 En juillet 1944, la résistance sabote le réseau téléphonique et dynamite les ponts pour isoler la région. La gendarmerie et la préfecture sont également privées de communications. 

Un point d’écoute est mis en place à Bessamorel sur la ligne téléphonique avec la complicité d’agents des PTT. Cela a permis d’apprendre le départ d’une colonne allemande du Puy. 

Le Puy est encerclé par la résistance à l’été 1944 et la pression sur les occupants se fait de plus en plus importante. Les Allemands prennent la fuite, entre 600 et 650 soldats, miliciens et leurs familles ainsi que le personnel médical nazi. Un petit contingent reste sur place, mais se rendra rapidement. Le 19 août, le Puy est libéré.

La résistance libère la Haute-Loire un jour avant l’arrivée des Alliés. Le prix de la liberté a été très élevé pour notre département, mais la majorité des meurtres sont de la responsabilité des actions de la milice.

Construction du mémorial de Chièze
  • Aperçus sur la résistance armée en Yssingelais – G. Bolon
  • Mémoire de guerre 39/45 – Olivier Petit
  • Les cahiers de la Haute-Loire – G. Bolon (Archives départementale)
  • Le plateau Vivarais-Lignon Accueil et résistance 1939-1944 – Pierre Bolle
  • Le Chambon sur Lignon sous l’occupation – Pierre Fayol

Les agents des archives départementales de Haute-Loire ont été une aide précieuse par leur dévouement et leur disponibilité.

Un grand merci également à l’historien Gérard Bollon pour son travail de recherche et ces excellents textes en accès libre aux archives départementales.

Merci à la municipalité d’Araules et d’Yssingeaux pour leur aide.

Merci également à l’équipe du musée de la radio et des communications d’Auvergne et au comité de relecture qui permettent la mise en forme de ce document. 

Merci à mon fils Martin étudiant en histoire qui sacrifie de son temps pour les recherches, la relecture et les corrections. 

Merci aussi et surtout à tous les résistants qui ont œuvré pour notre liberté.

Site du musée de la radio    www.museeradio.fr

Site de la municipalité d’Araules   www.mairie-araules.com

Site des archives départementales de Ht-Loire  www.archives43.fr